EcoSan_UE3 vers l'atteinte de ses objectifs !

Le "Projet de réduction de l’insécurité alimentaire par l’utilisation des excréta humains hygiénisés comme engrais dans les régions du Centre Est et du Centre Ouest du Burkina Faso", financé par l'Union européenne à hauteur de 1,3 milliards FCFA (1,8 millions d'EUR), est en phase d’atteindre les objectifs qu'il s'est fixé en janvier 2010, date de démarrage de ses activités dans huit communes des provinces du Boulgou, du Boulkiemdé et du Sanguié.

En effet après quelques mois d'activités, les résultats engrangés sont déjà assez éloquents. Ainsi, environ 2600 personnes ont étés sensibilisées sur les aspects "hygiène et santé" et sur le "système EcoSan" dans la région du Centre Ouest. 5300 personnes ont été sensibilisées à ces approches également dans la région du Centre Est lors de sessions de sensibilisation effectuées par des agents de l'Etat en service sur ces sites : on dénombre 240 agents de l'Etat en poste dans les 8 communes d'intervention du projet, 80 autorités administratives locales, 300 membres d'associations de la société civile, 7900 personnes-cible approchées dans les 24 villages répartis dans les huit communes.

Témoignage de Mr Tarnagda Issouf de Sabtenga (Tenkodogo) : « J’ai reçu des informations sur EcoSan par la radio, j’ai collecté mes urines et fait des essais dans mon champ. Au vu des résultats satisfaisants, j’ai demandé à mes femmes de me donner leurs urines mais elles ont refusé cette idée" (rires).

Réalisations d’infrastructures EcoSan de collecte des excréta humains pour en faire des engrais :

Le projet EcoSan a retenu deux types de latrines pour les ménages bénéficiaires, à savoir : la latrine "Double fosse type vietnamien", construite en parpaings et la latrine construite avec une super structure en banco. Les urinoirs "bidurs" simples pour homme et femme ont été également retenus ; les urinoirs muraux ainsi que les doubles fosses destinées au public ont été retenus pour les communes ; toutes les latrines sont en cours de construction pour 1648 ménages dans l’ensemble des villages.

1648 urinoirs ont été remis aux bénéficiaires et utilisés dans les 24 villages du projet ; 18 050 bidurs et des matériaux de construction prévus ont été acquis pour 1648 familles et 48 maçons, soit 2 par village, ont été formés et construisent les latrines dans leur famille.

 

 

 

 

 


En terme de démonstrations sur les performances agronomiques des engrais EcoSan et de renforcement des capacités des agriculteurs sur l’utilisation de ces fertilisants :

Cinq sites maraîchers ont été identifiés à l’Est et trois sites au Centre-Ouest. Dans les sites identifiés, des tests agronomiques ont été effectués sur les cultures suivantes avec l'urine hygiénisée (appelée aussi "Birg-koom") : l'oignon, la tomate, le riz, l'aubergine, le maïs, la courgette, le poivron, l'amarante, le concombre. 160 agents de l'Etat ont été formés dans le Boulgou au Centre Est et 80 agents ont été formés au Centre Ouest sur les modes, les dosages et les techniques d’application lors de la mise en place des tests pilotes avec le Birg koom.

Au cours des différents apports de Birg-koom, les membres des groupements de producteurs agricoles ont activement participé aux formations pratiques. Environ 50 personnes en moyenne ont été formées par site, soit 250 producteurs pilotes pour la région du Centre-Est. En outre, 43 agents du Ministère de l'Agriculture ont été formés à la théorie et à la pratique des apports de Birg-koom sur les cultures.

Au Centre Ouest, 80 producteurs pilotes ont été formés, à raison de 20 producteurs identifiés par site. De plus, dans chaque village, 70 producteurs reçoivent une formation sur les techniques de la culture de type "zaï" et de "demi-lune" (1680 au total dans les 24 villages).

Parcelle témoin avec très peu d’engrais
 parcelle fertilisée au Birg-koom

Des initiatives de collecte sont effectuées dans les villages avec environ une cinquantaine de bidurs personnellement acquis (sans subvention), remplis d'urine (100 litres) et tous les bidurs sont donnés aux ménages (5 par ménage, soit 8240 bidons de 20l chacun) afin qu'ils les transforment en engrais (164 800 litres d’urine collectée).


Dr Moussa BONZI, Chargé de recherche (CAMES)

Coordonnateur du projet EcoSan_UE3 ;

CREPA siège Ouagadougou