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Terrorisme: "la France peut intervenir militairement" à la demande du Burkina Faso selon l'Ambassadeur français à Ouagadougou (AIB)
Burkina: le gouvernement burkinabè compte rouvrir les écoles fermées à cause du terrorisme en mettant en route une stratégie
Etats-Unis: Bernie Sanders annonce sa candidature à la présidentielle
Burkina: le Premier ministre Christophe Dabiré obtient la confiance de l'Assemblée nationale avec 84 voix sur 127
RDC: Médecins sans frontières suspend ses activités dans la région de Masisi
Tapoa (Est): un commissariat et une école incendiés à Namounou, pas de perte en vie humaine (AIB)
CAN U20: les Aiglons du Mali sacrés vainqueurs après avoir disposé du Sénégal aux tirs au but (3-2) après un score d'un but partout
Mozambique: le fils de l’ex-président arrêté pour corruption
Burkina: 4 douaniers en service de contrôle routier à Nouhao à environ 10 km de Bittou et un civil tués au cours d'une attaque terroriste

TRIBUNE

Docteur en sciences politiques et président du Centre parlementaire panafricain, Mélégué Traoré pose avec pertinence, dans cette réflexion publiée en 2010 dans les colonnes du magazine Fasozine, la problématique et les contours de l’intégration en Afrique de l’Ouest. Sept ans après, et même si l’on peut noter quelques nouvelles avancées depuis cette publication, le constat de l’ancien président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso reste d’actualité…

«En attendant Godot!» La boutade du professeur Jean-Claude Gautron, s’agissant de l’intégration régionale, de laquelle, aucun dirigeant africain — aucun intellectuel digne de ce nom non plus — n’a pu s’affranchir depuis les indépendances, est bien connue. La problématique coule de source: dans un monde où la compénétration des processus politiques, économiques et sociaux est devenue si prégnante, il y a peu de chances pour les Etats africains de s’en sortir à travers des cheminements individuels. Mais le fossé est abyssal entre l’intégration proclamée comme la finalité ultime des politiques publiques, et les comportements des gouvernements.

L’Afrique de l’Ouest est actuellement — et de loin! — la sous–région la plus intégrée, notamment grâce à l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine, Ndlr). Nous sommes ici dans la seule sous-région où une communauté de pays est parvenue à établir et à respecter — tant bien que mal, il est vrai — des convergences économiques, à s’en remettre à une seule banque centrale, à une harmonisation progressive des législations… La libre circulation des personnes, des services, des biens, est relativement avancée, même si elle reste non satisfaisante. On peut, avec une carte nationale d’identité, circuler entre de nombreux pays et, en tout cas, le visa n’existe plus. Bien des Africains des autres sous-régions envient l’Ouest-africain. Il n’empêche!

Quand on observe la scène sous-régionale, on est frappé par l’hyperactivité et le dynamisme des institutions communautaires. Mais la prégnance des enjeux nationaux continue à l’emporter dans de nombreux domaines. Le danger, c’est que l’on soit amené à se masquer la face et à confondre l’inflation ou l’activisme institutionnelle avec l’intégration. Ainsi, malgré les audacieuses projections quant à une deuxième zone monétaire et l’ultime étape de la monnaie unique, aussi prometteuses soient-elles, l’on est bien loin d’une seule banque d’émission et les échéances sont continuellement reportées. L’on en vient à se demander si le réalisme prévalant, il ne serait pas préférable d’envisager un élargissement progressif de la zone CFA. Cela ne pourrait cependant être envisageable qu’au prix d’une rupture du lien avec le Trésor français, voire avec l’euro.

Certes, les politiques économiques et sectorielles font l’objet d’approches de plus en plus intégrées au plan communautaire. Il en va de même, en partie tout au moins, pour la sécurité et le respect des principes démocratiques. Cependant, là comme ailleurs, les Etats proclament leur volonté d’intégration mais, en même temps, se replient sur les notions d’intérêt national et de souveraineté dès qu’un débat de fond s’installe. Un exemple récent en a été donné par la décision du gouvernement sénégalais à l’encontre de la Côte d’Ivoire. Un décret du 10 septembre 2009 ferme le marché sénégalais à l’huile de palme fabriquée en Côte d’Ivoire, pour motif officiel de santé publique. Certes, on peut supposer qu’Abidjan cherche d’autres partenaires, notamment au sahel nigéro-malo-burkinabè, mais il est peu probable que tout cela aille dans le sens d’une intégration globale renforcée.

Il existe bien d’autres exemples. On demeure dubitatif face à l’offensive lancée il y a un an au sein de l’Union africaine pour un gouvernement continental, et dans laquelle quelques dirigeants ouest-africains se sont beaucoup investis, quand, en Afrique de l’Ouest même, un gouvernement communautaire n’est même pas envisagé, ne serait-ce qu’à titre d’hypothèse d’action. L’on a pourtant quelques raisons d’espérer, avec la perspective de plus en plus évoquée, de lancer un processus d’approfondissement de la dimension politique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

© Fasozine N°25, Janvier-Février 2010

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