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Burkina: l’armée démantèle plusieurs bases terroristes sur la bande transfrontalière nord et interpelle 60 suspects
Burkina: la douane et la DGTTM, sont respectivement 2e et 3e parmi les services les plus corrompus (Ren-Lac)
Burkina: la police municipale, service public le  plus corrompu en 2017 (Rapport Ren-lac)
Mali: 1 mort et 6 blessés dans l'accident d'un véhicule du Bataillon Gondaal 3 

TRIBUNE

Harouna Dicko, poil à gratter des institutions, s’était fait une réputation en attaquant la configuration des démembrements Ceni devant le Conseil constitutionnel qui lui avait donné raison, provoquant du même coup le report des municipales de 2006. Dans cette tribune, le candidat recalé à la présidentielle de 2010 se questionne sur les exceptions d’inconstitutionnalité soulevées par les avocats de la défense dans le procès des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré.


«Dans le cadre du procès du dernier gouvernement de l’ex-Président Blaise COMPAORE, les avocats des accusés et ceux de la partie civile ont soulevé des exceptions d’inconstitutionnalité devant la Haute cour de justice. Je salue cet exercice pratique de droit nécessaire au renforcement de notre démocratie.
Cependant, dans sa déclaration intitulée « Adresse à mon Pays…», le Doyen des Avocats Me Titinga Frédéric PACERE a développé des arguments qui suscitent en moi des questionnements.

I-    Sur l’obligation du double degré de juridiction
-    Le double degré de juridiction est-il une obligation constitutionnelle?
-    Le manque du double degré de juridiction signifie-t-il absence  de voie de recours ?

Le Doyen des avocats affirme que « La loi sur la Haute Cour de Justice ne laisse pas de possibilité à une quelque voie de recours à la décision qu’elle prendra contre les personnes poursuivies devant elle »
-    Le recours en révision n’est-il pas admis à l’article 33 de la loi organique sur la Haute Cour de Justice ?
-    La grâce du Président du Faso n’est-elle pas une voie constitutionnelle de recours qu’aucune autre loi ne peut interdire ?

II-    Sur la non-rétroactivité de la loi pénale méconnue par les dispositions instituant le fonctionnement de la Haute Cour de Justice
Le Doyen des avocats affirme que « la Haute Cour de Justice applique une loi du 21 mai 2015 pour des faits commis en 2014 ; c’est-à-dire que la loi qui doit juger ces hommes est postérieure à la date des faits allégués contre ces hommes »
-    La loi organique N°017/CNT du 21 mai 2015 est-elle une loi pénale ?
-    Cette loi n’a-t-elle pas la même valeur d’applicabilité dans le temps que la loi constitutionnelle n°072/CNT du 05 novembre 2015 en vertu de laquelle les avocats ont pu directement saisir le Conseil constitutionnel ?


III-    Sur  les Observations et suggestions

Le Doyen des avocats affirme que « Il nous faut avoir le courage d’accepter de reconnaître que la Haute Cour de Justice emporte un péché originel »
-    Ce péché originel, est-ce la Constitution du 02 juin 1991 qui a institué la Haute Cour de Justice ? 
Si oui, aux rédacteurs de la Constitution (le Doyen des avocats inclus) de reconnaître avoir commis ce péché.
Si non, quel est ce péché originel ?

IV-    Sur la plaidoirie des avocats de la partie civile
Cette exception d’inconstitutionnalité mérite une grande attention car un procès sans toutes les parties n’est-il pas une parodie de justice ?
-    Mais faut-il autoriser la plaidoirie de l’avocat de la partie civile dont la constitution n’est  même pas admise lorsque l’avocat  d’un accusé de taille nommément citée à l’audience n’est pas autorisé à plaider à l’absence de son client?

-    l’incongruité de la Haute Cour de Justice n’est-elle pas mise  en évidence par les dispositions de l’article 25 de la loi organique n°20/95/ADP sur cette juridiction que la  Constitution elle même a placée hors du pouvoir judiciaire normal ?

Juste pour ma compréhension. « Sokré la bangré »
Ouagadougou, le 16 mai 2017

Harouna DICKO

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