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TRIBUNE

Notre lecteur s’interroge, dans les lignes qui suivent, sur la manière dont l’opérateur économique Inoussa Kanazoé a été interpellé le mercredi 19 avril dernier par les forces de l’ordre. Il estime que l’opération menée par les forces de l’ordre ressemble plutôt à une action d’humiliation et de destruction qu’à une simple mesure conservatoire.


« Comme on le sait, l’opérateur économique de renom, Inoussa Kanazoé a été arrêté avec plusieurs de ses collaborateurs le mercredi 19 avril dernier à Ouagadougou dans son bureau sur l’avenue Kwamé Nkrumah. Quelques jours après, on sait un peu plus sur cette affaire qui secoue actuellement le monde économique. A l’origine de ce qu’il convient d’appeler l’affaire Kanis, il y a l’histoire d’un divorce mal digéré entre deux associés. En effet, après des années de collaboration, Inoussa Kanazoé propose à l’un de ses employés, Moussa Kouanda, de s’associer à lui pour une monter une cimenterie à Ouaga.

CIMFASO était née et fait la fierté des Burkinabè comme la première usine de ciments construite par un national et générant des centaines d’emplois directs. Au détour d’une mésentente, les deux associés après moult discussions, arrivent à un protocole d’accord transactionnel, permettant ainsi à Moussa Kouanda d’être dédommagé à hauteur de plusieurs milliards de FCFA et de quitter l’actionnariat de la société.

Contre toute attente, à la suite de cet accord transactionnel par devant témoins, une campagne est  organisée depuis un certain temps pour présenter l’homme d’affaire Kanis comme l’auteur de plusieurs malversations financières. Et son arrestation de sources proches de l’enquête serait liée à des fraudes fiscales concernant CIMFASO.  Seulement, voilà ! Un certain nombre de questions méritent d’être posées. Inoussa Kanazoé devait être arrêté comme « un vulgaire délinquant » et ses bureaux mis sous scellés ? Au Burkina,  des affaires similaires concernant des opérateurs économiques ont été traitées avec plus ou moins de tact.

Dans le cas de Kanis, il semblerait que son interpellation ferait suite à une rumeur selon laquelle l’homme d’affaires voulait prendre la poudre d’escampette. Peut-on être milliardaire de la trempe d’Inoussa Kanazoé, investissant chez lui au Burkina et fuir ainsi alors qu’il construit une cimenterie à Bobo-Dioulasso, à Abidjan et même dans d’autres capitales de la sous-région? Les entreprises d’Inoussa Kanazoé ne sont pas des boutiques ou des petits étals qu’on déplace d’un lieu à un autre : ce sont des industries lourdes dont le déménagement dans un autre pays ne saurait se faire facilement. Pourquoi donc cette opération commando qui ressemble plutôt à une action d’humiliation et de destruction qu’à une simple mesure conservatoire ?

Même s’il n’est pas au dessus de la loi, doit-on traiter le Dangote national de la sorte d’autant plus qu’il n’a pas refusé de répondre à une convocation des autorités judiciaires pour s’expliquer sur ce qui lui est reproché ? Y a-t-il des règlements de compte entre ce dernier et Moussa Kouanda dont on connait l’attachement à l’ancien régime (il est même présenté comme l’un des bras financiers) ? En tout cas, selon nos informations, ce weekend, il y a eu des chassés-croisés dans les milieux d’affaires à cause de ce que représente Kanis : sans vouloir l’absoudre, leur souhait de déterminer rapidement les responsabilités  des uns et des autres. »

Noufou Kanazoé

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