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30 octobre 2016 à 07:02

AN II de l’insurrection: dialogue direct entre gouvernement et familles de victimes Spécial

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Dans le cadre de la commémoration du deuxième anniversaire de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, le chef de l’Etat a reçu en audience publique les parents de victimes et blessés de cet évènement, y compris ceux du putsch manqué de septembre de 2015. Pour Roch Marc Christian Kaboré, cette rencontre de ce dimanche 30 octobre était placée sous le signe du donner et du recevoir.  

 

C’est aux côté du Premier ministre et de membres du gouvernement, que le président du Faso a tenu tout particulièrement en ce jour anniversaire des évènements tragiques vécus par le peuple burkinabè à  prodiguer ses encouragements, à renouveler sa compassion envers les familles des victimes. Il a réaffirmé l’engagement de l’Etat et du gouvernement à mettre en œuvre les décisions en faveur des victimes de la nation et des blessés.

« C’est la raison pour laquelle toutes les mesures qui avaient été préconisées sous la Transition ont été intégralement mises en œuvre », a indiqué Roch Kaboré. Malgré tout, le chef de l’Etat se dit prêt à examiner toute autre doléance qui lui sera soumis. «Nous ne sommes pas fermés à la discussion, mais cela nécessite que nous puissions ensemble considérer ces préoccupations et voir dans quelles mesures, nous pouvons y apporter des solutions», promet-il.

Le chef de l’Etat a aussi réaffirmé que toutes les instructions seront données afin de faire en sorte que tous les blessés nécessitant des soins les plus spécialisés soient pris en charge. «C’est pour cela qu’avec l’hôpital qui traite nos malades en Tunisie, nous avons pris des dispositions pour qu’une équipe médicale vienne ici à Ouagadougou, pour procéder aux différentes interventions, de manière à ce que la plus grande majorité bénéficie des soins appropriés», a laissé entendre le président du Faso.

A en croire le président Kaboré, l’engagement a été pris pour que toutes les tombes des personnes ayant perdu la vie sur l’ensemble du territoire soient mises aux normes, conformément à ce qui a été fait à Ouagadougou. Mais au-delà de ce qui peut être fait sur plan matériel, aucun montant, aucune somme d’argent ne peut ramener quelqu’un à la vie, encore moins dédommager la perte d’un individu, a fait remarquer M. Kaboré. «C’est pourquoi, nous estimons que la justice est l’une des questions assez majeure et d’une importance capitale», affirme le chef de l’Etat.

Sur ce point, Roch Marc Christian Kaboré a rassuré l’ensemble des parents des victimes ainsi que des blessés de l’engagement du gouvernement à ce que la justice soit faite sur l’ensemble des dossiers déjà en cours. Par ailleurs, il en appelle à la vigilance « pour que la justice soit rendue et que les ayants droit rentrent dans leur droit ». Car pour le président du Faso, « la réconciliation ne pourra se faire que si nous mettons en place une situation où nous avons la vérité et la justice. En dehors de cela, c’est une réconciliation nationale de passage, qui n’apportera rien au Burkina Faso», soutient-il.

Au cours de cette audience publique qui se voulait un cadre pour que la vérité de façon directe soit dite, les hôtes du chef de l’Etat ne se sont pas privé d’exprimer leur sentiment face à l’évolution de la situation. C’est ainsi que la coordination des familles victimes de l’insurrection populaire et du coup d’Etat a tenu à traduire son entière satisfaction quant au rôle joué par l’Etat pour ce qui est de leur prise en charge. Pour celui-ci, il ne s’agit ici de faire une quelconque apologie, mais bien plutôt de montrer leur reconnaissance vis-à-vis de l’autorité. « C’est pour nous un devoir de sincérité, qui mérite que l’on dise ce que nous avons bien pu recevoir de la part des autorités au titres des engagements pris depuis l’ère de la transition jusqu’à l’actuel pouvoir ».

Cependant, en dépit de cet état de fait, ces familles disent vouloir être beaucoup plus écoutées. «Le dialogue doit se poursuivre entre vous et nous», ont-elles lancé au chef de l’Etat.

De ces différentes interventions, il est ressorti que la priorité pour l’ensemble des familles des morts et des blessés reste la question de la justice. Car pour elles, il faut que les responsabilités soient situées pour que la lumière soit faite sur ces différents dossiers, « pour que ce sacrifice consenti par l’ensemble de ces victimes ne soit pas fortuit ».

Attentif à ces différentes interventions et déclarations, le président du Faso a demandé aux différentes associations des victimes et blessés de ces évènements tragiques de 2014 et 2015 de renforcer leur cohésion. Car pour lui, «cela représente la seule chose qui pourrait contraindre chaque ministre à faire son travail, pour que les différents dossiers en rapport avec cette affaire puissent connaitre une évolution».

Guy Serge Aka

Lu 1288 fois Dernière modification le 02 novembre 2016 à 07:04

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