Quand la pluie vous frappe, ne vous battez plus entre vous. Cette belle sagesse africaine est loin de faire recette au sein de l’Union des forces du changement (UFC), le parti phare de l’opposition togolaise. En effet, c’est au moment où la mythique formation politique a besoin de toutes ses énergies pour faire face à la machine infernale du Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti «unique» au pouvoir depuis près de 45 ans, qu’elle se déchire par le sommet. Le divorce, n’est pas loin d’être consommé entre Gilchrist Olympio, le charismatique fondateur de l’UFC et Jean-Pierre Fabre, le candidat «par défaut» du premier à la dernière élection présidentielle togolaise.
La brouille entre ces deux hommes devient lourde à couper au couteau et ses conséquences préjudiciables pour le parti, dont elle ébranlera, si ce n’est déjà le cas, indubitablement la cohésion. Les clans pro-Olympio et pro-Fabre ont commencé à se dessiner. Le dernier point de discorde ne date que de quelques jours. Alors que Jean-Pierre Fabre conteste sans faiblir les résultats provisoires de la présidentielle du 4 mars 2010 qui ont fait de lui un candidat malheureux, Maître Jean-Claude Cosme Fiagadzi Atsu Yao Homawoo, membre de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), au titre de l’(UFC), note que le dépouillement de l’élection s’était déroulé dans les règles et en présence des représentants de tous les candidats. Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire de Jean-Pierre Fabre qui aurait alors prononcé l’exclusion, le 11 mars dernier, de Maître Homawoo de toutes ses fonctions au sein de l’UFC. De ce fait, ce dernier ne devrait plus siéger au sein de la Céni. Problème!
Selon le site d’informations Republicoftogo.com, Gilchrist Olympio, en sa qualité de «président national de l’UFC», a adressé une lettre aux présidents de la Céni et de la Cour constitutionnelle togolaises, pour reconfirmer la désignation de Me Homawoo comme membre de la Commission en charge des élections au Togo. De même, le banni de Jean-Pierre Fabre garde au contraire toute la confiance de Gilchrist Olympio qui, toujours selon les termes de cette missive cité par le site togolais, a déclaré qu’il demeure le conseiller du bureau national de l’UFC et aussi conseiller spécial du président du parti.
Cette énième contradiction au sommet sera-t-elle la goutte de trop, après que le leader charismatique d’Aného ait déjà eu du mal à affirmer son soutien à celui qui a défendu les couleurs de l’UFC? Jean-Pierre Fabre, fort de ses presque 34% de suffrage recueillis lors de la dernière présidentielle aura-t-il le courage de s’émanciper de la tutelle quelque peu étouffante du «président fondateur» de l’UFC pour créer son propre parti? Gilchrist Olympio, entend-il, par ces actes, dire qu’il n’est pas encore un «has been» et bien plus, qu’il reste le maître de «son» parti, de «sa» chose? Les jours à venir nous situerons davantage sur cette guerre intestine entre dinosaures du «déti», le palmier, emblème de l’UFC. De ce combat sortira un seul gagnant…le RPT, le parti au pouvoir qui se débarrasserait ainsi d’un adversaire politique qui a donné des insomnies à Feu Eyadéma et empêche aujourd’hui son fils de président de perpétuer en toute quiétude le règne sans fin des Gnassingbé sur le Togo.
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