Georges Ouédraogo
Quarante de musique, et toute son énergie!
Auteur-compositeur, batteur et arrangeur, Georges Ouédraogo peut se targuer d’avoir fait danser des générations entières! Jamais démodé, le doyen de la musique burkinabè vient de boucler, à l’occasion de ses 40 ans de carrière musicale, la première partie d’une tournée triomphale à travers tout le pays.
Suite à la sortie récente de son onzième album intitulé «Tingré» (Souvenir, en langue mooré), et produit par Seydoni, dans lequel sont repris plusieurs de ses meilleurs titres - «Mounafica», «Pougzinga», «Sida», «Carolina» - Georges Ouédraogo était en tournée, du 10 au 13 avril, dans trois grandes villes du Burkina (Banfora, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou). A cette occasion, il était accompagné d’invités vedettes comme Aïcha Koné et Daouda Koné (Côte d’Ivoire), Ami Koita (Mali), Abdoulaye Diabaté (Mali), ainsi que de Jean-Claude Bamogo dit «Man», une autre icône de la musique traditionnelle et moderne burkinabè.
La tournée se poursuit courant mai avec, notamment, une escale à Tenkodogo et à Ouahigouya.
Adulé de son public, le «Gandaogo national» est véritablement l’ambassadeur de la musique burkinabè. En 2000, il a été élu «Meilleur artiste de tous les temps» à la cérémonie des Kundé. Deux ans plus tard, il était couronné «Kundé d’or».
Une longue et riche carrière musicale
Né en 1947 à Gogo-Komsilga, à une cinquantaine de kilomètres au Sud de la capitale, Georges Ouédraogo a fait ses premiers pas dans la musique au cours des années 60, comme percussionniste au «Tiko-Tiko Bar» de Ouaga. On le retrouve plus tard au sein du «Volta Jazz» de Bobo-Dioulasso. Il compose son premier morceau en mooré en 1967. Il part alors pour la Côte d’Ivoire, où il se fait engager chez le trompettiste ivoirien Fax Clark au «Jazz Club quartier latin». Sur les conseils de Clark, il apprend la batterie, puis devient chef d’orchestre dans le groupe «Les Troubadours», qui anime un cabaret à Treichville, le «Kiriroom».
Il intègre ensuite les groupes «Freemen» et «New system pop» d’Abidjan, avant d’être repéré par feu Jimmy Hyacinthe, arrangeur et chanteur ivoirien. Georges Ouédraogo participe avec lui à la formation, en 1973, en Allemagne de l’Ouest, du groupe «Bozambo», avec lequel il signe de nombreuses chansons. C’est à travers ce groupe mythique qu’il est véritablement révélé au grand public. Le Bozambo sort son premier 33 tours en 1976. Malheureusement, le groupe vole en éclats une année plus tard, et Georges doit faire cavalier seul. En 1978, il rentre définitivement au Burkina.
Trente années plus tard, malgré une traversée du désert, celui que l’on appelle le «Gandaogo national» donne une certaine impulsion à sa carrière, en restant présent sur la scène discographique. L’album «OUA», sorti en 1997, puis les opus «Gnou Zemes» (2000) et «Rosalie» (2003) ont ainsi pulvérisé les records de vente au Burkina Faso. En vrai parolier, il manie, dans ses chansons, le mooré avec une telle aisance et une telle dextérité qu’il ravit l’ouie et enchante les mélomanes.
Et, qu’il habille les mélodies musicales d’envolées lyriques ou d’exhortations de toutes sortes, en mooré, en dioula ou en français, Georges Ouédraogo séduit. Son genre musical oscille entre le slow et une sorte de world music très dansante, basée sur le Warba, la danse traditionnelle populaire des Mossé, son ethnie, qu’il a sublimé de son talent.
Aujourd’hui, son espace culturel, le Bozambo, qu’il a fondé en 2004, au secteur 30 de Ouagadougou, entend promotionner la jeune garde des musiciens burkinabè.
© Fasozine N°15, mai-juin 2008
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