Au seuil de la nouvelle année, les représentants des couches socio-professionnelles du Burkina, appelés corps constitués, ont présenté leurs vœux de nouvel an au Président du Faso le 30 décembre 2011.
Ils ont, par la voix du Secrétaire général du gouvernement et du conseil des ministres, Monsieur Baba DIEME, saisi l’occasion pour exprimer « leurs appréciations, leurs attentes mais aussi leur disponibilité et leur engagement à bâtir une société confiante, portée par des énergies endogènes et fortifiée par les opportunités de l’ouverture sur le monde ».
La cérémonie, solennelle a été un moment propice pour juger la conduite des affaires publiques au cours de l’année 2011, et pour décliner les attentes des concitoyennes et concitoyens durant l’année 2012 qui s’annonce sous le leadership du Président Blaise COMPAORE.
La crise consécutive au décès de l’élève Justin ZONGO le 20 février 2011 à Koudougou et ses conséquences, la série de mutineries d’éléments des Forces armées nationales, sous le prétexte d’une décision jugée non avenante, ont montré une fois de plus « la grande patience et surtout, la disponibilité au dialogue et à l’écoute » du Président COMPAORE, selon le porte-parole des corps constitués.
La crise sociale « a reposé avec acuité la problématique même de l’avenir de notre jeune démocratie et exigé une réévaluation de notre histoire politique pour réussir une nouvelle institutionnalisation du dialogue politique, concevoir des mécanismes adaptés et appropriés pour le développement socioéconomique de la Nation », a ajouté Monsieur DIEME. Les représentants des forces vives ont réaffirmé leur constante disponibilité et leur engagement à œuvrer pour « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent »
Face à la conjoncture économique nationale marquée en 2011 par la vie chère et la campagne agricole plutôt déficitaire en raison d’une mauvaise pluviométrie, « des réponses appropriées ont été apportées par l’Exécutif grâce aux concertations avec les différentes couches sociales, économiques, professionnelles et politiques qui ont permis de parvenir à des solutions concertées, consensuelles et nous l’espérons, durables ».
Il ressort de l’allocution des corps constitués que le Burkina Faso a enregistré de 2000 à 2009 un taux annuel moyen de croissance de l’ordre de 5 %, supérieure à la moyenne des pays de l’Union économique et monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), un taux de croissance de 7,9% en 2010 et une prévision de croissance de 5,6 % en 2011, malgré l’hostilité de l’environnement international.
Les forces vives ont salué l’intérêt particulier que le Président du Faso porte à l’émergence d’une économie nationale et l’ont exhorté « à renforcer les actions cohérentes pour le traitement des problématiques liées au développement du secteur privé, notamment les préoccupations traditionnelles relatives à la disponibilité et au coût de l’énergie, au coût élevé des autres facteurs de production, au déficit de financement du secteur privé, à la création d’un cadre de concertation et d’échanges des structures d’appui au secteur privé et à la promotion de la Micro, Petite et Moyenne Entreprise (MPEM) ».
Selon Monsieur DIEME, les corps constitués insistent particulièrement sur l’urgence de résoudre la question du foncier rural par l’application effective de la politique de sécurisation foncière en milieu rural et de la stratégie nationale de gestion intégrée de la fertilité des sols.
De leur avis, la Politique nationale genre en tant que cadre de référence et d’orientation pour tous les acteurs en faveur de l’équité entre les différents groupes sociaux et de l’égalité entre les sexes, l’ambition du Gouvernement est de construire « une société débarrassée de toutes les formes d’inégalité et d’iniquité de genre, et qui assure à l’ensemble des citoyens et citoyennes les sécurités essentielles pour leur épanouissement social, culturel, politique et économique ».
Les corps constitués ont transmis leurs préoccupations. Ces préoccupations ont fait l’objet d’une compilation qui sera soumis au Président du Faso dans les jours à venir.
Pour l’heure, ils ont dans le strict respect de la séparation des pouvoirs, engagé le Président du Faso à procéder à d’importantes réformes pour faire de la justice burkinabè, une justice crédible, équitable et accessible à tous, bref, un véritable attribut de bonne gouvernance. Ils en ont appelé à son expérience et à son jugement de soldat « pour une reprise en main, ferme et dans la discipline, de notre Armée dont la mission première est de protéger l’intégrité du territoire national ». Enfin, Les forces vives de la nation ont invité le Gouvernement à répondre positivement aux défis de la jeunesse par une politique volontariste de création d’emplois et de formation professionnelle, en ramenant le taux de chômage dans des proportions acceptables.
Dans sa réponse, le Président du Faso a souligné que la cérémonie de présentation de vœux des corps constitués de l’Etat représente une occasion particulière pour magnifier notre détermination commune à bâtir une société de progrès et de justice.
Au terme d’une année 2011, de défis multiples et complexes, a poursuivi Blaise COMPAORE, « je félicite les différents ordres professionnels, le monde de la santé, de l’éducation et de la recherche, de la culture et du sport, les opérateurs économiques des secteurs formel et informel, le mouvement associatif et syndical, les forces de défense et de sécurité, pour les missions accomplies avec courage et abnégation, dans un environnement difficile, exigeant en permanence l’excellence, le don de soi et l’esprit patriotique».
L’enracinement de la démocratie et l’accélération de la dynamique de croissance nous commandent de nous investir davantage dans la consolidation du dialogue social, la construction d’une administration judiciaire performante et la conduite judicieuse des politiques de développement, en prenant en compte les préoccupations des femmes, encore victimes de nombreuses discriminations et celles des personnes vivant avec un handicap.
C’est pourquoi, a souligne le Chef de l’Etat, « je reste attaché à une mise en œuvre diligente des conclusions issues des assises nationales sur les réformes politiques et institutionnelles, au raffermissement des libertés et des principes républicains ».
Le Président du Faso a enfin relevé que «notre défi majeur pour la période qui s’ouvre est la mise en œuvre de la stratégie pour la croissance accélérée et le développement durable ».
( Source: Direction de la Communication de la Présidence du Faso)
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