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Salifou Ouédraogo: «Le Burkina Faso a un potentiel touristique qui mérite d’être valorisé»

Des responsables d’agences de voyage parisiennes ont séjourné au Burkina Faso, du 6 au 10 décembre 2011, dans le cadre du projet «Séjour-Découverte du Faso». Initié pour promouvoir le tourisme burkinabè, ce projet a permis aux visiteurs de découvrir des sites touristiques dans les régions du Centre (Ouagadougou), de l’Ouest (Bobo-Dioulasso) et des Cascades (Banfora). A la fin de leur séjour, Salifou Ouédraogo, coordonnateur du projet, tire ici le bilan de l’activité et évoque des difficultés, notamment financières, rencontrées dans la réalisation du projet.

Fasozine.com: Pouvez-vous nous présenter le projet pour lequel vous avez séjourné au Burkina?

Salifou Ouédraogo: Le projet «Séjour-Découverte du Faso» est un Eductour. Par définition, un Eductour est un circuit touristique dédié à des professionnels du tourisme, pour permettre de découvrir le potentiel touristique d’un pays en vue de le programmer comme destination. Dans le cas d’espèce, le «Séjour-Découverte» a concerné sept agences de voyage, sélectionnées parmi celles qui font les meilleures ventes à Paris. Les représentants de ces structures ont ainsi découvertn le potentiel touristique du Burkina Faso.

Ce projet est parti du constat que le tourisme mondial, et plus particulièrement celui du Burkina, est essoufflé du fait de problèmes de sécurité. Avec les menaces révélées, toutes les destinations sont aujourd’hui à risque. Le Burkina a, en plus des problèmes de sécurité compte tenu de sa situation géographique, vécu l’une des graves crises de son histoire en début d’année. Ces évènements ont écorché l’image du pays. Mais nous nous sommes dit que le Burkina a toujours de quoi rassurer les touristes. Et malheureusement on ne communique pas suffisamment sur cela. C’est pourquoi nous avons initié ce projet pour vendre le potentiel touristique du pays et contribuer à laver son image. Après son élaboration, le projet a eu le soutien de la compagnie aérienne Air France KLM. Elle nous a aidé dans la sélection des agences et a pris en charge le transport des participants à cet Eductour. 

 Que retenez-vous des sites touristiques que vous avez visités?

Nous avons pu visiter des sites dans les régions du Centre et de l’Ouest. Dans la région de l’Ouest, les professionnels ont pu visiter le Pic de Sindou, le lac de Tengrela, les Dômes de Fabédougou, les Cascades de Karfiguéla, la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé et bien d’autres endroits. A l’issue de la visite, les participants  ont reconnu que le Burkina a un potentiel touristique qui mérite d’être valorisé. Ils ont formulé des propositions visant à améliorer davantage l’accueil et le séjour sur les sites. Ils ont souvent déploré le manque de sécurité sur certains sites.

Prenant le cas du Lac de Tengrela, que les gens traversent en pirogue, ils ont trouvé qu’il manquait des mesures de sécurité en cas d’accident. Sur le site même, il n’existe pas d’endroit où les visiteurs puissent se restaurer et se reposer. Les voies d’accès ne sont pas très bien tracées et il n’y a pas assez de plaques d’indication. C’est le cas pour tous les sites qui sont cependant des richesses qui peuvent intéresser beaucoup de personnes. Il est vrai que le côté naturel des sites fait leur charme mais il faut les aménager pour créer un cadre convivial où les visiteurs auront l’envie et la possibilité d’y rester pendant un moment.

La visite de ces agences va-t-elle attirer de nouveaux touristes au Burkina Faso?  

Après cette première expérience, nous ne pouvons pas déclarer de façon péremptoire que le projet entraînera une descente de touristes dans les jours qui suivent. Mais nous pensons qu’une occasion de faire venir des touristes au Burkina est ainsi créée. Car les agences de voyages qui étaient là se sont engagées à faire de la communication autour du potentiel touristique du Burkina Faso. Les résultats se feront sentir à long terme. Mais l’engagement des agences de voyage nous donne satisfaction. Car si ces sept agences parlent du Burkina en bien, cela peut donner un message fort à la clientèle désireuse de découvrir d’autres horizons. Nous pensons donc qu’il y aura de vraies retombées même si celles-ci prendront du temps.

Au cours de leur séjour, les agences de voyage ont aussi rencontré les structures hôtelières afin de leur permettre de créer un partenariat. Il y a eu des échanges de coordonnées. Nous pensons ainsi que les agences de voyage connaissent maintenant la capacité hôtelière du Burkina Faso. Ils ont également rencontré l’Office national du tourisme du Burkina (ONTB). Cette rencontre a permis aux visiteurs de découvrir le travail de l’ONTB, car ils peuvent contribuer à enrichir les offres touristiques du Burkina Faso. A mon avis, le projet a jeté les bases de quelque chose d’intéressant qu’il va falloir creuser davantage. Il serait souhaitable que l’Etat soutienne de telles initiatives car nous sommes partis sur un élan patriotique. 

Quel soutien avez-vous reçu des autorités du Burkina?

Lorsque nous avions élaboré le projet, nous avions comme acquis l’accompagnement de la compagnie aérienne Air France qui s’est engagée à assurer le transport des 9 participants qui devaient venir de Paris. Nous avions donc demandé aux autorités burkinabè de prendre en charge leur séjour (hébergement, restauration, déplacement et la couverture médiatique). Sur cette requête, nous avions reçu des promesses mais nous attendons toujours leur concrétisation.

Nous sommes toujours dans l’attente, espérant que les promesses ne resteront pas lettre morte. Car nous avons été obligés d’injecter nos propres ressources pour financer le projet. Nous pensons que l’Etat veillera à ce que les promesses soient tenues pour nous donner plus de courage puisque le projet ne s’arrêtera pas là. Nous avons fait venir des compagnies parisiennes. Il est possible de nous adresser à des sociétés d’autres grandes villes françaises et de démarcher d’autres compagnies.

Combien a coûté le projet?

Le budget estimatif était d’environ 26 millions de francs CFA. Nous évaluons la contribution d’Air France en billet d’avions à près de 21 595 euros (soit plus de 14 millions de francs CFA) et celle des agences de voyage à près de 1 500 euros (plus de 900 mille de F CFA). La somme mobilisée est de 23 095 euros soit 15 149 000 F CFA. Nous avions demandé à l’Etat et à ses démembrements plus de 11 millions de francs CFA comme budget d’accompagnement. Nous n’avions pas exigé d’avoir ce soutien en numéraires mais en nature: moyens de transport, chambres pour l’hébergement et bien d’autres. Nous attendons toujours la concrétisation de ces promesses.

Heureusement que nous avons reçu le soutien de l’Association des professionnels du voyage et du tourisme du Burkina (APVT-B) pour le carburant, et de l’Association patronale des hôteliers et restaurateurs qui, elle, nous a donné une nuitée à Ouagadougou, tout en nous aidant à avoir des chambres à des tarifs préférentiels dans des hôtels à Banfora et à Bobo-Dioulasso. Nous avons également bénéficié de deux déjeuners et deux dîners avec un restaurant à Ouagadougou.

Ces soutiens, bien qu’ils nous aient été d’un très grand apport, n’ont pas couvert toutes les dépenses. Nous avons dû payer pour loger des membres de la délégation à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Nous n’avons pas encore fait l’état de toutes les dépenses, si bien que nous ne sommes pas actuellement en mesure de dire combien d’argent nous avons injecté dans ce projet.

Que prévoyez-vous donc pour appuyer ce que vous avez commencé?

Notre souhait est de poursuivre le projet. Pour l’instant, nous allons recenser de façon précise toutes les observations et suggestions que nous avons eues auprès des agences. Nous verrons ensuite comment étendre nos actions à d’autres compagnies ou à d’autres agences d’autres localités de la France. Tout dépendra de ce qu’on aura comme soutien. Car il est bien beau d’avoir un élan patriotique, mais si le projet doit se limiter à nos ressources, j’ai bien peur que nous ne soyons rapidement essoufflés.

Commentaires
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garcia  - Qui est ce monsieur ?   |2011-12-19 19:38:25
Qui est ce monsieur le minimum messieurs les journ alistes c'est de nous le prés
enter NON ? Puis fair e une sujet sur le tourisme au Burkina dont les 3/ 4 parle
nt des frais qu'a engendré l'opération n'es t pas très intéressant il n'avait qu
'a demander l' aide avant. Au fait les 9 convives ont voyagés en classe affaire
car le billet si je compte bien à c outé 2399€ de plus comment l'intégrer à un
budget alors que c'est du "sponsoring".
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