
Le réseau national de lutte anti corruption (REN-LAC) a présenté son rapport annuel 2010 ce vendredi 16 décembre 2011 à Ouagadougou. Fait marquant de ce rapport, la douane, la police municipale et la police nationale conservent le fauteuil de leaders en matière de corruption. Le rapport constate que la fléau s’enracine dans presque tous les secteurs de la vie socioéconomique et politique du Burkina.
Ces trois institutions arriveront-ils un jour à décoller l’étiquette qui leur colle à la peau? Comme l’année dernière, la douane et la police (municipale et nationale) se placent en tête du classement des institutions les plus corrompues du Burkina. Suivent respectivement, les impôts, la santé, les marchés publics, la mairie et la justice. L’enseignement secondaire et supérieur arrive à la 9ème place tandis que les finances publiques sont classées 10ème. Les enquêtes se sont déroulées du 23 novembre au 05 décembre 2010 dans les chefs lieu des treize régions du Burkina Faso. Elles ont concerné 1999 personnes pour une moyenne d’âge de 38 ans. Selon le REN-LAC, les causes de la corruption sont multiples et multiformes: ignorance, pauvreté, urgence du besoin de service, recherche de la facilité, impunité, recherche du gain facile, cupidité, banalisation de la corruption, etc. Ce qui n’est pas sans désagréments pour l’ensemble du pays.
La corruption a entraîne, selon le réseau, l’appauvrissement de la population, l’incitation à la désobéissance civile, l’affaiblissement des institutions publiques, la réduction des recettes fiscales, l’instabilité sociale et politique etc.
Pour Blaise Sondo, secrétaire exécutif du REN-LAC, les causes principales des mouvements sociaux qui secouent les pays arabes et occidentaux -et qui n’ont pas épargné le Burkina Faso- sont due à la corruption et aux infractions voisines. Blaise Sondo estime que «tant que la confiscation des ressources publiques par les classes dirigeantes seront monnaie courante et que la grande majorité des populations et particulièrement les jeunes vivront dans le chômage, la misère et sans perspectives, c’est tout naturellement que les vagues de protestations populaires iront grandissantes. »
De ce rapport, Il ressort également que la corruption est en évolution progressive au «pays des hommes intègres» mais touche presque tous les secteurs de la vie socioéconomique et politique du pays. «La corruption est même développée dans l’exécutif et chez nos députés», explique le secrétaire exécutif du REN-LAC. Du reste, selon le rapport de la Banque mondiale sur la corruption discrète, près de 87% des entreprises burkinabè ont dû verser de l’argent de façon informelle à des fonctionnaires pour obtenir un marché public tandis que 80% d’entre elles ont dû faire des cadeaux pour en obtenir. Quant au rapport 2007 de Transparency international, il classait le Burkina dans une situation de corruption endémique.
C’est pourquoi le REN-LAC appelle à la dénonciation et à la sanction des acteurs de la corruption, à l’amélioration des conditions de vie des populations, mais également à la formation et à la sensibilisation des populations au phénomène de la corruption. «Chacun doit cultiver l’intégrité et donner l’exemple à son niveau car, la bataille contre la corruption passera par l’engagement de chacun de nous», a laissé entendre le Pr Sondo.
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