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Fichier électoral: le CGD visite les mécanismes de la biométrie

L’utilisation d’un fichier électoral biométrique lors des élections couplées de 2012 (législatives et municipales) constituera une première au Burkina Faso. Afin de permettre à l’opinion nationale de comprendre davantage les mécanismes, les forces et faiblesses de la biométrie, une conférence a été organisée sous le thème «L’introduction de la biométrie dans le système électoral burkinabè: enjeux, opportunités et défis». Initiée par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), la rencontre, qui a eu lieu le mercredi 14 décembre 2011 à Ouagadougou, a rassemblé des acteurs de la classe politique et de la société civile burkinabè.

La carte biométrique permet, selon Aimé Ilboudo, conférencier du jour, l’identification ou l’authentification d’une personne sur la base de données reconnaissables et vérifiables qui lui sont propres. «Le fichier biométrique électoral en vue au Burkina sera réalisé à partir des empreintes digitales et de l’imagerie faciale, des données non falsifiables», a ajouté M. Ilboudo. Cette solution offre, selon lui,  plusieurs avantages tels que l’unicité de l’électeur, la qualité (fiabilité) des données. Il supprime notamment les risques de vol, d’oubli, de duplication ou de perte. 
Cependant, la biométrie ne met pas à l’abri de l’utilisation de ces données personnelles à d’autres fins. Selon Aimé Ilboudo, cette banque de données peut être utilisée au niveau de la police et peut ainsi aller contre la protection des données personnelles. Quoi qu’il en soit, le conférencier a affirmé que l’utilisation de la biométrie assurera un fichier électoral fiable.
Plusieurs questions ont été soulevées à la fin de l’exposé. Elles ont porté entre autres sur le prix de cette méthode et la date du début de l’enrôlement du fichier. Pour Me Barthélémy Kéré, le coût de l’utilisation d’un fichier électoral biométrique s’évalue entre 18 et 30 milliards de francs CFA. «Le Burkina Faso dispose de 14 000 bureaux de vote et un kit d’enrôlement se marchande sur le marché à hauteur de trois millions de francs CFA; c’est ce qui explique qu’il y ait un si grand écart entre les deux sommes», a-t-il expliqué. Et d’ajouter: «Nous pensons nous contenter d’environ de 2 000 kits et procéder à l’enrôlement par zone».
Quant au début du recensement à proprement parler, il pourra être effectif «dès que la Ceni disposera des fonds nécessaires». En attendant, Me kéré a rappelé que «la biométrie n’est pas une panacée». «Nous avons vu le cas de la Côte d’Ivoire où l’Etat a dépensé 300 milliards de francs CFA dans un fichier biométrique, mais ce système n’a pas réussi à faire admettre les résultats des urnes par toutes les parties. Ce qu’il faut surtout, c’est la bonne foi et une culture démocratique de la classe politique», a conclu Barthélémy Kéré.

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