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Lutte contre la corruption: «Beaucoup de rapports, peu d’actions…»

«Les mécanicismes de répression pénale des cas de mauvaises gestion et de corruption au Burkina Faso». C’est le thème du panel initié le Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac) le 9 décembre dernier. Cette étude s’inscrit dans le cadre de la 6ème édition des Journées nationales de refus de la corruption (JNRC), célébrées du 1er au 9 décembre 2011.

Selon le Ren-Lac, le système judiciaire fait preuve d’inertie devant les nombreuses révélations de faits et pratiques de corruption. Les rares cas faisant l’objet de poursuites judiciaires ont du mal à connaître une issue favorable, les facteurs de dysfonctionnement judiciaire étant nombreux. Pourtant, «le combat contre la corruption dépend du système judiciaire», a affirmé, Blaise Sondo, le secrétaire exécutif du réseau. L’organisation de ce panel, selon lui, vise à analyser les mécanismes de répression pénale des cas de mauvaise gestion et de corruption.

Pourquoi est-il souvent difficile de voir aboutir une plainte pour corruption? «La corruption se passe entre deux personnes ou un groupe de personnes, à une échelle très restreinte et il est souvent difficile d’apporter des preuves», a déclaré Blaise Sondo. Mais, ajoute t-il, «rechercher des preuves n’est pas une épreuve au dessus des capacités de l’homme. Nous pensons au niveau du Ren-Lac, que le vrai problème aujourd’hui c’est la volonté politique. Elle est proclamée par les autorités de ce pays, mais cela reste toujours au stade de discours». Convaincu qu’il s’agit d’une «fuite en avant», le secrétaire exécutif du Ren-Lac plaide pour qu’un mécanisme soit mis en place pour lutter concrètement contre la corruption. Ce mécanisme, pour lui c’est «la sanction judiciaire».

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée le 9 décembre de chaque année, le secrétaire exécutif du Ren-Lac a dressé l’état des lieux de la lutte en 2011. Celle-ci se résume en peu de mots, selon Blaise Sondo. «Beaucoup de rapports, d’études et peu d’actions». Beaucoup d’études sont faites, le phénomène est connue, beaucoup de cas de présomptions sont contenus dans de nombreux rapports, il reste à franchir, selon lui, un autre pas qui est celui de mener des enquêtes complémentaires sur ces cas de présomptions et de prendre les mesures qui s’imposent. «Nous allons continuer à faire des rapports et des études, mais penchons sur ce que nous pensons être le goulot d’étranglement de toute la lutte contre la corruption, la justice», a-t-il conclut. 

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