
Augmentation des prix des hydrocarbures, du sucre, du ciment et rareté du gaz domestique, tels ont été les grands axes du point de presse animé par le ministre burkinabè du Commerce, de la promotion de l’entreprise et de l’artisanat, Léonce Koné, ce jeudi 26 août 2010. Ce fut également l’occasion pour M. Koné d’évoquer avec les journalistes, les solutions envisagées à cette situation, vraiment embarrassante pour des populations au pouvoir d’achat déjà très faible.
Entouré de ses proches collaborateurs et de chefs d’entreprises des secteurs sus cités, le ministre Léonce Koné, d’une humilité reconnue, a, de go, battu sa coulpe, pour le retard accusé par son département pour évoquer publiquement cette situation liée à la qualité et à l’augmentation du prix des produits de grande consommation. Sur le volet des hydrocarbures, le ministre en charge du Commerce a expliqué que l’augmentation des prix décidée le 11 août 2010, qui est de l’ordre de 6%, correspond à un ajustement. Cette hausse, selon Léonce Koné a été largement différée après que l’Etat a consenti un effort financier considérable pour assurer aussi longtemps que possible le maintien des prix à la pompe. C’est donc pour ne pas continuer à compromettre la situation financière de la Société nationale des hydrocarbures (Sonabhy), que le gouvernement s’est résolu, aux dires du ministre, à prendre une telle décision. Car, explique-t-il, «depuis février 2010, les cours du baril du pétrole et du dollar ont connu des hausses fortes et constantes, et la Sonabhy a dû compenser cette différence de prix, qui s’élève à 6,5 milliards de francs CFA».
Pour ce qui est de la rupture du gaz domestique ces derniers jours au Burkina, surtout dans la capitale, des dispositions sont prises pour ramener cette denrée dans les ménages dans une dizaine de jours. Ainsi s’est engagé le Directeur général de la Société nationale burkinabè des hydrocarbures (Sonabhy), Jean Hubert Yaméogo, selon qui cette pénurie est due à des difficultés d’approvisionnement, à l’augmentation croissante de la consommation nationale et à la période de grande pluie et particulièrement à celle de jeûne musulman, durant lequel l’utilisation de ce produit est encore plus accrue.
En ce qui concerne le ciment, le ministre Koné s’est aussi expliqué sur la tension sur les prix. En sus de la forte demande, il y a, selon le ministre, les nouvelles charges supportées par cette société depuis mars 2010. «Ces charges sont relatives au paiement des pénalités liées au contrôle de la charge à l’essieu pour le transport de la matière première, le clinker», a affirmé le chef du département en charge du Commerce. Et pour juguler cette augmentation de prix qui fait très mal à la bourse du consommateur, des dispositions sont prises par Diamond Cement Burkina, en relation avec ses distributeurs, pour ramener, dans un délai d’une semaine, le prix du sac à 6000 francs CFA, a indiqué le ministre Léonce Koné. L’autre denrée dont le coût a connu une hausse sensible, c’est le sucre, même si le marché, en cette période de carême, se caractérise par un bon niveau d’approvisionnement et une stabilité du prix fournisseur. Plus de 13 000 tonnes ont été produites pour la période. Pour le directeur général de la Société de distribution de sucre, (Sodisucre), seule la forte demande du sucre en cette période de carême pourrait justifier l’augmentation du prix du sucre au consommateur. Les commerçants, notamment les supermarchés comme Marina Market et Scimas, qui avaient les plus grands écarts de prix au niveau du sucre ont été interpellés et se sont engagés à vendre le kilogramme du sucre en morceau à 700 francs CFA et celui du sucre granulé à 650 francs CFA.
Le représentant de la Ligue des consommateurs du Burkina, Daniel Da Hien qui prenait part au point de presse, a salué la démarche du gouvernement qui, a-t-il révélé, a associé la LCB à la négociation avec les responsables des sociétés. Au cours de cette rencontre d’explication, le vœu a, alors, été émis de créer une coopérative des consommateurs qui stockerait les denrées de première nécessité pour les revendre à des prix proches de ceux de l’usine. Ceci pourrait constituer une arme contre les hausses anarchiques, selon les géniteurs de cette idée.
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