Oxfam veut attirer, par le biais de ce communiqué de presse, l’attention sur les millions de personnes toujours dans le besoin au Niger, du fait de ce double drame.
«Les inondations et fortes pluies de ces dernières semaines ont détruit plusieurs hectares de cultures pluviales, quelques semaines avant une récolte longuement attendue dans ce pays en crise alimentaire, constate l’ONG internationale Oxfam. Au moins six personnes sont décédées suite aux inondations, et plus de cent mille personnes ont perdu leurs maisons.
«Les récoltes attendues (maraîchères et céréalières) devaient soulager les familles en insécurité alimentaire sévère. La population priait pour que les pluies soient bonnes pour leurs cultures et aujourd’hui certains ont tout perdu», déplore Raphael Sindaye, le directeur régional d’Oxfam par intérim pour l’Afrique de l’Ouest
Dans la capitale, Niamey, le fleuve Niger a atteint au mois d’août son plus haut niveau depuis 80 ans à cette saison. Plusieurs milliers de personne ont perdu leurs maisons, leurs jardins et plantations de riz, après que le fleuve soit sorti de son lit.
Les Nations Unies estiment que plus de 110.000 personnes sont sinistrées, de nombreuses parmi elles font partie des 8 millions qui sont en crise alimentaire.
Ibrahim Mahaman, chef d’un village affecté par les inondations disait: «C’est une double catastrophe, la population n’avait plus rien à manger, mais même les plus petites réserves de céréales qui subsistaient ont été emportées par la pluie. Rien ne reste.»
Beaucoup de routes ont été inondées, ce qui a compliqué l’acheminement de l’aide alimentaire dans les régions le plus reculées. Il y a également des craintes que les inondations augmentent les risques de diarrhée et de paludisme, les enfants déjà affaiblis à cause de la malnutrition sont spécialement à risque.
«Nous venons en aide à des milliers de sinistrés, mais nous sommes limités dans une période où nous répondons déjà à la crise alimentaire la plus grave depuis des années. Le besoin d’assistance au Niger est très urgent et le pays a besoin de plus de moyens pour faire face à cette crise où des personnes sont doublement affectées», dit Sindaye de Oxfam.
Oxfam et ses partenaires distribuent des kits d’hygiène et d’entretien, et installent des containers d’eau dans les écoles et bâtiments collectifs où les familles sinistrées sont hébergées temporairement.
Dans le village de Kazoé, dans la région de Zinder, où Oxfam et son partenaire AREN (Association de redynamisation de l’élevage au Niger) ont distribué de l’aliment bétail et des vivres aux personnes affectées par la crise alimentaire, les inondations ont tué des milliers d’animaux et détruit de nombreux champs et habitations.
Les inondations affectent le Niger au moment où le Programme alimentaire mondial (Pam) a reconnu ne pas pouvoir assister l’ensemble des personnes qui vivent en ce moment en insécurité alimentaire. L’agence affirme qu’il y a un manque de 88 millions de dollars US, et que, en conséquence, elle ne sera pas capable d’atteindre son objectif ambitieux de nourrir presque huit millions de personnes au Niger au moment où la crise alimentaire atteint son pic.
Les fortes pluies et les inondations ont aussi affecté des parties du Tchad et le nord du Mali, où plusieurs millions de personnes vivent également en insécurité alimentaire sévère.
Sindaye conclut: «La situation en Afrique de l’Ouest peut sembler complexe mais si la communauté internationale investit dans des solutions à long terme qui visent au développement de moyens d’existence durables cela permettrait que la population soit moins vulnérable aux chocs – et «doubles chocs» - dans le futur. Et cela nous coûterait moins d’argent».
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