La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a lancé le recensement général de la population en âge de voter, depuis le 1er mars 2010, sur l’ensemble du territoire national, cela en vu de l’élection présidentielle du 21 novembre2010. Dix jours après ce lancement, les bureaux érigés à cet effet sont presque déserts, dans la capitale.
Les bureaux de recensement mis en place par la Céni à l’intérieur de la ville de Ouagadougou pour la constitution du nouveau fichier électoral sont désespérément vides de visiteurs. En effet ce sont des agents recenseurs attendant de probables inscrits qui se rongent les ongles. Un petit tour dans quelques bureaux de vote au secteur N°17 de Ouagadougou nous a permis de constater le peu d’engouement de la population pour se faire recenser. « Depuis le 1er mars jusqu’à ce jour 10 mars, j’ai inscrit 72 personnes», nous a confié Jeannette Ouédraogo, agent recenseur du bureau N°10. Georges Kientega du bureau 103, a lui, aussi inscrit 72 personnes en 10 jours. « Les gens n’ont pas l’information. Certains nous interpellent pour savoir ce que nous faisons en ces lieux. Quant nous leur expliquons, ils sont surpris et nous promettent de revenir prochainement se faire recenser», explique-t-il.
Au bureau de recensement N°37 et N°38 c’est le même constat. Simplice Kientega du bureau N°38 souhaite que la «Céni ou les partis politiques sensibilisent la population à travers des communiqués à la criée ou le porte à porte, car on a l’impression que les gens ne regardent plus les émissions de la télévision nationale et n’écoutent plus la radio».
Outre le manque d’affluence, les agents recenseurs estiment que la prise en charge octroyée par la Céni est insuffisante. «J’habite Somgandé. Le taxi me coûte plus de 1000 francs CFA par jour. En plus du taxi, je dois me restaurer. Et nous n’avons que 1500 francs CFA par jour». Cette préoccupation d’un agent recenseur est partagée par tous ses pairs que nous avons rencontrés. Tous affirment qu’ils s’attendaient à une prise en charge d’au moins 3000 francs CFA par jour, comme lors des précédents recensements.
A l’expérience, il faut cependant noter que les populations attendent presque toujours la dernière minute, parfois la veille où le jour de clôture, pour se précipiter dans les bureaux de recensement. Visiblement, à l’allure où vont les choses, cette opération en cours ne fera pas exception à la règle.
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