Chaque année, selon le gouvernement, 2000 femmes meurent au Burkina de complications liées à la grossesse. Pour tirer la sonnette sur ce drame, Amnesty International a initié une étude sur les raisons de cette mortalité maternelle. Au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi 27 janvier 2010, les responsables de l’Ong ont rendu public le contenu du rapport et procédé au lancement d’une caravane de sensibilisation et de plaidoyer pour la réduction de la mortalité maternelle au Burkina, sous le thème: «Donner la vie, sans risquer la mort au Burkina Faso».
Des femmes enceintes pouvaient échapper à la mort pour peu que le gouvernement veuille combattre la discrimination dont les plus pauvres font les frais. Selon des statistiques officielles, 2000 femmes perdent la vie chaque année dans des complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Toujours selon ces chiffres, 80% de celles-ci sont issues de la couche pauvre et du milieu rural.
Pour Amnesty International qui a publié, ce mercredi 27 janvier 2010, un rapport d’étude sur le phénomène, les causes de ces décès sont multiples. Il s’agit de la pauvreté, du mariage et de la grossesse précoces, du manque de pouvoir de décision des femmes, de personnel soignant, de médicaments, et de soins. A ces raisons s’ajoute la facturation des soins et des transports. Selon l’étude, même des agents de santé ont des comportements négatifs et discriminatoires à l’égard de certaines patientes.
Tout en saluant les efforts du gouvernement pour rendre accessibles les soins aux femmes en grossesse, Gaëtan Mootoo, un des conférenciers, a mentionné qu’il existe des obstacles dans la réalité. Pour ce faire, l’exposant a souhaité que le gouvernement rende régulièrement compte de la mise en application de sa politique sanitaire sur le terrain, «car la mortalité maternelle constitue une violation des droits fondamentaux de la femme».
Pour dire leur désapprobation face à cette tragédie et interpeller les dirigeants sur la nécessité d’engager des actions fortes visant à réduire le taux de mortalité maternelle et sensibiliser la population sur ses droits sexuels et reproductifs, les responsables de Amnesty International initient, du 28 janvier au 7 février 2010, une caravane de sensibilisation qui traversera une dizaine de localités, sous le thème: «Donner la vie, sans risquer la mort au Burkina Faso». Pour Yves Traoré, chargé de l’organisation de la caravane, il s’agira de réaffirmer la possibilité d’éviter que des femmes enceintes décèdent avant ou en donnant la vie. Pour ce faire, les caravaniers, venus de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Togo et de la France, s’’entretiendront avec les femmes des localités qui seront visitées.
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