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Halizata Sana: écrire, un doux sacerdoce!

L’histoire de Halizata Sana, alias Hadiza Sanoussi, a ceci de charmant que la jeune enfant qu’elle était dans les années 1970 a failli ne jamais mettre les pieds dans une école. Déjà, sa grande sœur n’a pas connu cette ambiance des salles de classe, et la petite Halizata qui vivait, dès l’âge de quatre ans, avec sa tante, dans un milieu où les filles étaient plus destinées au commerce, excellait déjà dans la vente des galettes et autres friandises… Jusqu’au jour où l’un de ses oncles, alors instituteur à Niamey, capitale du Niger, l’inscrit, à l’insu de tous, à l’école du village.

  

 

D’emblée, la jeune fille est fascinée par les images et par les lettres. «J’adorais la lecture», confesse-t-elle. Tellement que pendant la récréation, alors que toutes ses camarades s’adonnent à différents jeux, Halizata, elle, s’installe confortablement dans un coin et dévore les pages des livres. Elle se rappelle même avoir été suspendue, plus tard, de la bibliothèque du collège pour… «excès de lecture»! Finalement, tout s’est bien passé, et son amour des lettres est resté intact jusqu’à aujourd’hui, puisqu’elle a déjà publié deux romans – «Les deux maris», Editions Moreux, 383 pages, en 2001, et «Devoir de cuissage», Editions JEL, 142 pages, en 2005 – salués par la critique.

Hadiza Sanoussi ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin. Deux autres œuvres, achevées, attendent d’être publiées: «Et yallah s’exila» (Editions JEL), et «Mon rival et gendre» (PUO), qui, lui, est retenu par le ministère de la Culture dans le cadre de l’opération «50 livres», consistant à éditer 50 œuvres burkinabè, mais qui piétine toujours depuis 2005. On comprend donc aisément que les vœux de la jeune femme pour cette nouvelle année qui commence, au-delà des souhaits de santé et de paix pour tous, est de voir ces œuvres-là éditées.

On comprend aussi que la médaille de chevalier de l’Ordre du mérite des arts, de la culture et de la communication, agrafe littérature écrite et orale, qui lui a été décernée le 18 novembre 2008, à la faveur de la dernière édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (Filo) lui procure une immense fierté, parce qu’elle valorise ses efforts. Cependant, Hadiza Sanoussi prend cette distinction – pas du tout usurpée - comme une «interpellation à mieux faire, non seulement sur le plan littéraire, mais aussi pour le développement et l’émergence du Burkina Faso et de l’Afrique». Car, elle vous le dira avec un sourire désarmant et une sincérité limpide, «écrire, au Burkina Faso, c’est un véritable sacerdoce».

Née à Botou, dans la province de la Tapoa, Halizata Sana, titulaire d’une maîtrise en géographie, option gestion des forêts et faunes de l’Université de Ouagadougou en 1992, et d’un Master 2 en développement, a enseigné l’histoire et la géographie, entre 1994 et 1999, notamment à Dédougou et à Bobo-Dioulasso. Elle est aujourd’hui chef de service de l’information documentaire au ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique.

Heureuse mère d’un garçon de deux ans, Halizata Sana est très croyante et pratiquante: «Je crois au destin, mais je ne suis pas fataliste. J’espère aller un jour à La Mecque. C’est un appel de Dieu».

 

© Fasozine N°19, Janvier-Févier 2009

 

Commentaires
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rasmane ouedraogo dit raso  - felicitation à halizata   |2009-09-10 14:14:37
Félicitation à Halizata Sana pour son courage sa d étermination et surtout sa vo
lonté de surpasser to us les éléments les plus difficiles pour se faire une vie
tranquille en se consacrant au romant ; je lui souhaite plein épanouissement d
ans sa passion seconde


MERCI
Issaka kaboré  - sociologue   |2009-09-13 15:09:53
Bravo à Halizata pour son apport à la litterature burkinabè. J'ai lu ses premie
rs livres et ce d'un trait. Bonne continuation
Sawadogo Issa  - Halizata Sana   |2009-10-27 11:35:03
Que dire en lisant ce beau reportage de mon amie d e tous les jours.
Oui j'ai c
onnu "Mignonne 4; bien plus tard en classe de Tle D et nous somme s resté
s jusqu'aujourd'hui amis. je retiens d'elle l'image d'une battante et d'une fem
me battante. M ais à vrai dire j'ai été surpris par son talent d' écrivaine.
Je
profite lui dire bonjour et lui souh aiter encore courage .
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