
«Petit à petit, l’oiseau fait son nid». Aimé Serge Coulibaly, directeur artistique et chorégraphe de la Compagnie «Faso-Danse-Théâtre» a si bien adopté ce proverbe qu’au fil des années, il s’est fait une place dans le cercle exigeant de la danse contemporaine. Et, depuis plusieurs années maintenant, l’artiste burkinabè multiplie les concerts à travers le monde.
Alors que ses parents nourrissaient l’espoir qu’il décroche son diplôme en économie, filière d’études qu’il avait embrassée à l’Université de Ouagadougou après son baccalauréat, obtenu en 1993, Aimé Serge Coulibaly était déjà piqué par le virus de l’art. «Dès la première année à l’université, je me suis intéressé au théâtre. Nous avions débuté les représentations d’une pièce et, à un moment donné, par manque de temps, j’ai décidé de suspendre mes études, quitte à les reprendre l’année suivante», confie l’économiste raté. Ses études, il ne les reprendra pas, car les années se succèderont et se ressembleront pour lui. Sur le plan théâtral, où il se sent le mieux, il parvient à se faire une place au milieu de comédiens confirmés.
Membre de la Compagnie Feeren, montée par le regretté Amadou Bourou, Aimé Serge Coulibaly dirigera, au Stade du 4-Août, lors de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’est jouée en 1998 au Burkina, l’équipe de chorégraphes dont la prestation a émerveillé un public qui en redemandait. En 1999, il sera de nouveau à la tête des chorégraphes de la même compagnie, à l’ouverture et à la clôture du Festival international du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Nonobstant ce parcours assez appréciable, l’artiste, estimant n’avoir toujours pas l’expérience nécessaire pour poursuivre sa carrière, s’est retrouvé aux Ballets contemporains de la Belgique. Il y passera cinq années.
Les indépendances aussi…
Plus d’une décennie après le début de cette aventure, Aimé Serge Coulibaly peut fièrement se présenter comme un praticien de la danse contemporaine. Il en a, du reste, fait la preuve, lors de nombre de ses spectacles en Europe. «Nous avons fait salle comble pendant trois spectacles à Lille, en France. A Luxembourg, la salle était pleine deux jours avant notre spectacle», a expliqué le directeur artistique de Faso-Danse-Théâtre. En 2008, alors que Liverpool (en Angleterre) était désignée «capitale européenne de la culture», Aimé Serge Coulibaly a été invité par la ville pour présenter une pièce. Depuis six ans, il travaille avec une compagnie aborigène en Australie, dans la création de pièces. Dans le cadre du cinquantenaire des indépendances des pays africains, avec sa compagnie Faso-Danse-Théâtre, il a effectué une tournée dans près de seize pays, où il a offert une soixantaine de spectacles sur sa sixième création: «Babemba». Cette pièce retrace la vie de quatre figures historiques de la lutte pour les indépendances en Afrique. Marié à une Indienne, Aimé Serge Coulibaly est père d’un enfant et vit actuellement en Belgique, d’où il pilote la compagnie basée au Burkina et en France.
© Fasozine N°29, Septembre-Octobre 2010
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