20mai2013

Michael Konan, rompre avec le «cinéma calebasse»

Michael Konan fait partie de cette nouvelle génération de réalisateurs africains qui a une autre vision du cinéma africain. Un regard qui tranche d’avec les images désolantes et traditionalistes colportées sur l’Afrique à travers les âges. Il est de ceux qui veulent rompre avec le «cinéma calebasse».

 

Michael Konan commence sa carrière professionnelle en 2002, dans le milieu de la publicité et de la communication. Mais auparavant, il a suivi des études en cinéma aux Etats-Unis et à l’institut national d’audiovisuel (Ina) en France. Tout en exerçant dans le domaine de la publicité, il affûte petit à petit ses armes dans la conception des projets de films et dans la réalisation, avec des œuvres à petit budget. En 2007, il réalise le sitcom «Dr Boris» qui a connu un succès surprenant en Côte d’Ivoire en dans bien d’autres pays africains. Ce succès est aussi en partie dû au choix du casting de cette série. Pour réussir son entrée dans l’univers du 7ème art, Michael Konan s’entoure de comédiens ivoiriens de renom tels que Adrienne Koutouan, Bamba Bakary, Oméga David. Le résultat de ce travail révèle tout le talent de ce jeune réalisateur de 31 ans. Après la transformation de cet essai, Michael Konan commence
l’écriture d’un long métrage intitulé «Les Chocos de Babi», qui a été inspiré d’une de ses séries, «La maison du bonheur».
Ayant acquis une certaine renommée dans son pays la Côte d’Ivoire, il décide de donner sa chance à une nouvelle génération d’acteurs et d’actrices qui incarne selon lui, le nouveau visage de la jeunesse africaine. Et il avoue ne pas avoir été déçu, surtout qu’il a pris le temps de leur prodiguer une formation de trois mois. Le tournage de ce long métrage aura nécessité un an et demi et le réalisateur a choisi Ouagadougou pour la première de ce film. Il explique cette décision par «un choix du cœur» et aussi parce que Ouagadougou est la capitale du cinéma africain. Il compte sillonner, après le Burkina Faso, 13 autres pays de l’Afrique de l’ouest et du centre pour la promotion du film «Les Chocos de Babi». Michael Konan se voit également comme faisant partie des jeunes réalisateurs qui doivent «amener plus loin, le travail des doyens» du cinéma africain. Il espère que ce cinéma sera, dans un proche avenir,
indépendant. Pour atteindre cet objectif, il préconise que les cinéastes africains aillent eux-mêmes chercher les moyens qu’il faut pour leurs réalisations, et «cesser de compter sur les subventions étrangères». Parallèlement, Michael Konan prépare un autre projet de film qu’il envisage réaliser d’ici à la fin de 2009, film avec lequel il espère fortement participer au Fespaco de 2011.

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