Philippe Tiendrébéogo: Non, vraiment, pas de politique pour moi…
- Post 15 juillet 2010
Si on connaît bien ses parents, qui se sont signalés à différents niveaux dans la galaxie politique du Burkina Faso, le seul garçon des six enfants de Issa et de Alice Tiendrébéogo a choisi, lui, de s’écarter de la plateforme politique. Manager spécialisé en télécoms, Philippe Tiendrébéogo vit et travaille à Paris, la capitale française, depuis dix ans maintenant, où il met ses compétences au service de grandes entreprises à dimension internationale…
Comme tous les petits garçons de sa génération, il a été quelque peu turbulent jusqu’au milieu du cycle primaire. Puis, peu à peu, sa nature profonde d’enfant sage, calme et réservé a pris le dessus. Troisième enfant de la fratrie des six enfants de Issa Tiendrébéogo, homme politique bien connu du paysage burkinabè, et de Alice Kaboret, ancienne ministre de l’Enseignement de base et de l’alphabétisation, qui dirige actuellement le Fonds national pour l’éducation non formelle (Fonaenf), Philippe a d’abord été fasciné par l’avion -l’aviation, en général- et voulait être pilote.
D’ailleurs, dans les yeux de l’adulte de 37 ans qu’il est aujourd’hui, brille encore les souvenirs de l’enfance, notamment de ce jour où, à l’aéroport, il échappe à la vigilance de ses parents pour se retrouver sur la piste, juste à côté d’un avion. De ce temps merveilleux où l’innocence le disputait à l’insouciance, Philippe Tiendrébéogo conserve encore, dans un coin secret de sa mémoire, quelques belles images, dont certaines remontent parfois à la surface et le font sourire. Il se rappelle ainsi également qu’enfant, il avait la phobie des injections et n’hésitait pas à… s’échapper dès lors que l’on préparait une seringue dont l’aiguille effilée devait atterrir dans l’une de ses fesses!
Fort heureusement, il ne s’échappait pas quand il s’agissait d’étudier. Plutôt studieux, Philippe Tiendrébéogo, né en 1973 à Bobo-Dioulasso, où il n’est resté qu’un an ou deux, a fait l’essentiel de son cursus scolaire à Ouagadougou, la capitale du Burkina, et notamment au lycée Philippe Zinda Kaboré. Un lycée qui porte son prénom -qui est aussi celui de son grand-père maternel- ne pouvait que lui porter bonheur. D’autant qu’en ce temps-là, pourtant pas si lointain que cela, «la discipline à l’école, le respect envers les maîtres, le souci d’apprendre» étaient des valeurs cardinales, malheureusement en perte de vitesse de nos jours.
Formaté dans ce moule de la rigueur et de l’excellence, Philippe Tiendrébéogo met un point d’honneur à coller, dans sa vie d’adulte, à ses rêves d’enfant. Après les classes préparatoires au lycée Fénélon de Paris, entre 1991 et 1994, il entre à l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (Sup’Aero), d’où il sort trois ans plus tard, avant d’obtenir, en 1998, un DEA (Diplôme d’études approfondies) en Economie des transports, de l’aéronautique et de l’espace à l’Université de Toulouse, en France. Une formation haut de gamme, qui lui vaut de travailler, six années durant, de 1999 à 2006, comme consultant senior à BT Consulting (ex-KPMG Consulting France), une grande boîte européenne d’audit et de conseils.
Ses compétences sont avérées dans le management des projets d’organisation, notamment dans sa composante «Relation clients» où, tout en mettant «le salarié au cœur de l’entreprise», il accompagne ses mandants dans la mise en œuvre efficace de leurs projets. Si fait que depuis 2007, il officie en qualité de manager communications, médias et transport au sein de Ineum Consulting (ex-Deloitte Consulting). Il a ainsi notamment travaillé à mettre en place des outils visant à booster les ventes et à améliorer le réseau de distribution de «SFR», le deuxième opérateur français de téléphonie mobile.
Avec une solide expertise dans les domaines des télécoms, des médias, du transport aérien, de l’aéronautique et de l’espace, Philippe Tiendrébéogo dispose de nombre de clients prestigieux dans son portefeuille d’expériences. Toutes choses qui lui font penser à trouver, à moyen terme, «une activité qui ait un lien avec l’Afrique». Il compte, d’ores et déjà, développer une offre de formation sur des secteurs-clé de la gestion des projets, et n’exclut pas de «revenir au Burkina ou sur le continent».
Loin des discussions politiques souvent animées qui ont bercé son adolescence et celui de ses sœurs, leurs deux parents étant de bords différents, Philippe Tiendrébéogo construit sa vie et regarde l’avenir avec sérénité. «Sévère et strict, mon père garde la foi, et pense profondément qu’on peut faire changer les choses par des convictions politiques fortes». Quant à mère, «c’est une battante, qui ne perd jamais de vue sa mission. Elle s’est beaucoup investie pour l’éducation des femmes et des filles!», témoigne-t-il. Même s’il semble être resté à équidistance de ses parents sur le plan de leurs combats politiques respectifs, il ne les aime pas moins tous les deux. «Nous respectons nos parents pour leurs engagements politiques, mais mes sœurs et moi ne nous sommes pas engagés dans cette arène», dit-il, lorsqu’on lui demande si leur environnement ne les a pas captivés.
Féru de tennis, de vélo, de lecture et de cinéma, Philippe Tiendrébéogo aime bien, après une dure semaine de travail, faire des sorties en famille, le week-end. Marié à Aïda, pharmacienne, depuis 2000, qui lui a donné deux enfants –Mélissa, 9 ans, et Alik, 13 mois- il sait pouvoir compter sur la douceur et la simplicité de celle qui a fait battre son cœur en 1995, à Ouagadougou.
© Fasozine N°26, Mars-Avril 2010
