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Suzanne Yaméogo: le brillant parcours d'une passionnée de géologie

En décernant le titre de docteur de l’Université d’Avignon et des pays de Vaucluse à Suzanne Ouandaogo Yaméogo en novembre dernier, les enseignants de l’Université d’Avignon couronnaient trois années de travail acharné, en même temps qu’ils permettaient aux rêves d’une passionnée de géologie de prendre forme…

 

La thèse qu’elle a soutenue et qui lui a valu le précieux titre de docteur en hydrogéologie est un document volumineux, qui contient les résultats des recherches sur la qualité des ressources en eau souterraine du centre urbain de Ouagadougou. Pour ce faire, Suzanne Yaméogo a dû passer en revue chacun des 1 800 puits et 510 forages répertoriés de la capitale. Un travail de fourmi, qui a mis en exergue la mauvaise qualité de l’eau des puits, encore consommée par de nombreux habitants de la capitale.

Les recherches de Dr Yaméogo ont notamment révélé que dans la plupart des cas, ces puits jouxtent des latrines et qu’en saison des pluies, le niveau de la nappe remonte et communique avec les latrines. Résultat: des infiltrations, qui polluent l’eau des puits, les transformant en une véritable menace pour ceux qui la consomment.

La chercheuse en a donc conclu que «pour la plupart des gens, l’eau c’est la vie. Mais l’eau peut également représenter la mort, quand elle n’est pas de bonne qualité».

Tu n’as pas dit que tu es «homme»?

Cinquième enfant d’une famille qui en compte huit, Suzanne Ouandaogo a grandi dans le quartier populaire de Koulouba, au centre de la capitale du Burkina Faso. Elle passe une enfance heureuse entre son père, un menuisier, employé par les services de l’élevage, et sa mère qui, pour soutenir son mari, faisait du petit commerce. «Nous avons été élevés dans l’équité. Mon père n’avait pas beaucoup d’argent, mais tout ce qu’il gagnait, il le mettait au service du bien-être de sa famille», confie celle qui n’était qu’une sage élève de l’école Tang-Zugu de Ouagadougou. «Je n’étais pas timide. Je posais beaucoup de questions, mais je n’étais pas turbulente en classe», précise-t-elle.

Entre ses cours, la révision de ses leçons et les travaux domestiques, la petite Suzanne, qui adore danser, s’offre, dès que l’occasion se présente, des moments de détente: «il y avait, presque chaque week-end, du djembé dans mon quartier».

En 1979, elle entre au Lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou, après «un bref passage» chez les sœurs de Saint-Camille. C’est pendant qu’elle fréquentait la classe de quatrième dans cet établissement qu’elle se surprend à se passionner pour la géologie, après un cours sur les tremblements de terre. Fascinée, elle se met en tête de chercher à comprendre ce phénomène inconnu dans son pays, ce qui l’amènera à découvrir d’autres facettes tout aussi captivantes de la géologie. Tout logiquement, après un baccalauréat scientifique, elle s’inscrit en CBBG (Chimie-Biochimie-Biologie –Géologie).

Sur la vingtaine d’étudiants orientés dans la filière, elles ne sont que deux filles. Bientôt, elle se retrouve seule avec les garçons dans la section de géologie, sa camarade ayant préféré s’orienter vers la chimie. Dans cet univers dominé à l’époque par les hommes, elle se taille la réputation d’une bûcheuse particulièrement opiniâtre, peut-être dopée par les remarques et commentaires peu amènes de ses camarades de classe. «On ne cessait de dire que les sciences de la terre ne sont pas faites pour les femmes parce qu’il fallait être physiquement en forme pour se rendre sur le terrain», se rappelle encore le Dr Yaméogo. D’autres, pour la taquiner, lui rappelait sa prétention à être «homme», ce à quoi la jeune étudiante de l’époque répliquait que «la science n’a pas de sexe».

La passionnée de géologie puise dans son courage pour poursuivre ses études, tant et si bien qu’elle finit par décrocher son Diplôme d’études universitaires générales (Deug) et obtient, dans la foulée, une bourse pour la France, d’où elle reviendra en 1988, nantie d’une maitrise en géologie fondamentale et appliquée de l’Université de Clermont-Ferrand. Elle enseigne d’abord dans des établissements secondaires de la capitale, avant de rejoindre l’Université de Ouagadougou comme vacataire en 1990, après avoir obtenu un Diplôme d’études approfondies en géologie.

Famille solidaire

Ses charges l’obligent à enseigner 300 heures par an, tout en continuant à effectuer des recherches dans l’espoir d’entreprendre un jour un troisième cycle. En 2004, Suzanne Yaméogo est primée par le Forum de la recherche et des innovations technologiques (FRSIT), pour la pertinence de sa communication sur «Les vulnérabilités des eaux en contexte urbain». L’opportunité de poursuivre le troisième cycle dont elle rêvait se présentera en 2005, lorsque l’Organisation des Nations unies pour la science, l’éducation et la culture (Unesco) commande une étude sur la qualité des nappes d’eau souterraines. Suzanne Yaméogo embarque dans l’aventure avec «armes et bagages», et décide de poursuivre les recherches après la fin de l’étude.

La suite coule de source: études à Avignon, doctorat… mais aussi sacrifices multiples, que la géologue arrive à supporter grâce à l’amour de son époux, ainsi que de Adrien Jean Modeste, Joël Bertrand et Sindi Rose Marie, ses trois enfants. «Il y a eu des pleurs, des grincements de dents, mais il m’a toujours encouragé à aller jusqu’au bout», confie-t–elle, en parlant du soutien de son mari.

Tous les deux, ils sont unis par les liens sacrés du mariage depuis vingt ans, mais c’est toujours avec une admiration mal dissimulée que Suzanne parle de Modeste Yaméogo, fonctionnaire de l’institution onusienne qui s’occupe de l’enfance, l’Unicef. «Il respecte mon point de vue, la communication passe avant tout dans notre couple», répond-elle quand on lui demande ce qu’elle admire le plus chez son époux. C’est à ses côtés qu’elle continue de s’adonner à l’une de ses passions favorites, la danse, sur un air de rumba. Et si, pour le moment, elle songe surtout à gravir les échelons de l’enseignement universitaire en menant des recherches et en écrivant des articles, elle trouve toujours l’occasion d’accompagner son époux à Issouka, village situé dans la région du Centre-Ouest du Burkina, et dont il est le chef coutumier.

© Fasozine N°20, Mars-Avril 2009

Commentaires
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NEGRE erick  - une solution rapide et low coast pour produire de   |2010-07-06 21:23:11
Bonjour, j'aimerai pouvoir converser avec le Dr Su zanne Ouandaogo/Yaméogoame.

nous sommes une socie te Française et nous avons développé un nouveau co ncept d
e production d'eau potable et d'electricite (containers de 6 pieds, alimenté en
solaire ou éo lien. je souhaiterai pouvoir vous faire parvenir d e la documenta
tion.
Erick NEGRE 0033(0)6 25 48 50 26
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