Lorsqu’elle reçoit le coup de fil de Missa Hébié, réalisateur de la série télévisée «Commissariat de Tampy», Norah Kafando est loin d’imaginer ce qui l’attend. Alors que rien ne la prédestinait à la comédie, elle interprète avec maestria, quelque temps après, le rôle principal du tout premier long métrage de Missa Hébié, «Le fauteuil». Une première, saluée par la critique, tant l’héroïne aura été épatante de réalisme…

Si son père la prédestinait à une carrière médicale, sa mère la voyait plutôt architecte. Mais elle rêvait de devenir biochimiste, pour rendre sa mère encore plus fière d’elle. Finalement, elle jettera son dévolu sur… la psychologie! Après une maîtrise en psychologie, elle se spécialise en relation industrielle au Canada. Et suit une formation pour devenir consultante. Depuis un an, elle offre ses services à une Organisation non gouvernementale (ONG) de la place, en tant que coordonnatrice des ressources humaines.
Cependant, c’est un coup de fil qui lui vaudra d’être connue du public burkinabè. En effet, un jour elle reçoit un coup de téléphone de Missa Hébié, réalisateur de la célèbre série télévisée «Commissariat de Tampy». Ce dernier lui demande d’être «l’héroïne de son premier long métrage, «Le fauteuil», qu’il souhaite présenter à la 40e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco)». N’ayant jamais tourné de film, elle se demande si «M. Hébié n’a pas un peu perdu la tête»! Il réussit tout de même à lui glisser le scénario entre les mains. Elle découvre le script et «s’emballe pour le rôle principal, incarné par Madame Ouédraogo». Elle en tombe même littéralement amoureuse.
Pour bien faire les choses, elle reprend son nom de jeune fille, afin de mieux préserver mari et enfants. Prise après prise, elle réussit à entrer parfaitement dans ce rôle, qui semble être écrit pour elle. C’est le début d’une belle romance entre Norah Kafando et la comédie. A en croire les critiques, elle fera carrière dans le cinéma. A la condition notable, semble-t-elle indiquer elle-même, qu’on lui propose des rôles taillés sur mesure. «Il y a quelques similitudes entre Madame Ouédraogo et moi. Même si, par moment, j’aurais réagi autrement», confie-t-elle.
Vite, un autre rôle!
La tête sur les épaules et les pieds sur terre, Norah Kafando ambitionne, entre autres, de «monter un institut de développement de la personne, qui aura pour objectif de donner plus d’assurance au sexe faible». Elle désire aussi ouvrir un orphelinat. Eh oui, pour cette femme au grand cœur, «toute une vie ne suffira pas à réaliser ses rêves». Mais, assure-t-elle, «cette vie ne peut avoir de sens si on ne peut pas la mettre à profit pour aider les autres».
Mariée et mère de trois enfants, âgés respectivement de 14, 6 et 4 ans, la fille de Michel Kafando, Représentant permanent du Burkina Faso au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) et de Feue Déborah Boni, savoure modestement, pour l’heure, le début de notoriété que lui confère «Le fauteuil». En attendant un autre rôle qui lui permettra, précise-t-elle, «de défendre, encore une fois, la cause des femmes, des jeunes filles et des enfants».
Décidément, Missa Hébié a eu un sacré flair en lui mettant le pied à l’étrier. Il reste à confirmer le coup d’essai devenu coup de maître, et l’on ne devrait pas tarder à revoir Norah Kafando sur le grand écran…
© Fasozine N°22, Juillet-Août 2009
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