Une femme spéciale, voilà ce qu’elle est! Après avoir passé son Brevet d’études du premier cycle (BEPC) avec succès, Fleur, jeune femme de 30 ans, a voulu se démarquer des autres. Pour ce faire, elle décide de devenir mécanicienne, d’abord d’engins à deux-roues, puis, plus tard, d’automobiles. Elle a ainsi réussi à se faire une place dans un domaine réservé aux hommes, grâce à sa volonté de marquer sa différence d’avec le commun des femmes et à sa persévérance…
Lorsqu’en 1997, après son BEPC, Fleur annonce sa décision de s’inscrire au Centre féminin d’initiation et d’apprentissage aux métiers (Cefiam) de Koudougou (à une centaine de kilomètres de Ouagadougou) pour faire de la mécanique, son entourage est resté sceptique. «Mes proches pensaient que c’était un caprice et que j’allais finir par démissionner», se souvient-elle. Beaucoup étaient, en effet, convaincus que cela lui passerait, et peu de gens croyaient en sa détermination, à commencer par le directeur du centre. «Pour lui, j’étais venu pour distraire les autres. Mais aujourd’hui, des 18 jeunes filles de ma promotion, je suis la seule à avoir persisté», note fièrement la jeune femme.
En 2000, sa formation achevée et son CAP en mécanique des engins à deux-roues en poche, Fleur ouvre un garage pour motocyclettes en 2001. Mais, sa rencontre avec la conductrice de son père va l’inciter à se lancer dans la mécanique automobile. Elle se présente alors, fin 2002, au garage «Le golf» pour y être engagée: «Au début, ce n’était pas commode avec tous ces hommes autour de moi et certaines provocations. Aujourd’hui, ça va. Ils me considèrent comme leur sœur et il n’y a pas de problème.»

Mariée depuis 2005, Fleur Sama-Tapsoba est mère d’une petite fille. «Après mon mariage, beaucoup pensaient que j’allais
abandonner. Mais une semaine plus tard, je suis revenue. Et lorsque j’ai accouché, ils ont encore dit: cette fois-ci, c’est la fin. Pourtant, six mois plus tard, j’étais encore présente. Ils ont fini par comprendre que j’entends rester mécanicienne d’automobiles.» Cependant, Fleur a le soutien de sa famille qui est fier d’elle.
Malgré sa satisfaction, Fleur reconnaît certaines limites pour les femmes d’exercer cette profession. «Parfois, je n’arrive pas à desserrer un écrou ou à démonter un moteur parce que je n’ai pas assez de force». Malgré tout, cette femme, qui a beaucoup d’ambitions, envisage de faire une spécialisation dans son domaine et d’ouvrir un jour son propre garage d’automobiles.
© Fasozine N° 11, Septembre-Octobre 2007
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