Etudiant, Vincent Zabré a dû quitter les bancs pour épouser sa passion, l’élevage. Depuis lors, il a fait de l’élevage des animaux, son dada. Avec cette activité, il arrive surtout à subvenir aux besoins de sa famille.
Lorsque Vincent Zabré parle des animaux, c’est avec passion. Ses yeux brillent et il est très volubile. Certains le prennent même pour vétérinaire de formation. Pourtant, il n’en n’est rien. C’est simplement à force de travail qu’il s’est fait une renommée dans le domaine. De Moustapha Sarr, directeur du parc urbain Bangr-Wéogo, à Me Harouna Sawadogo, avocat, ancien bâtonnier, en passant par le professeur Alassane Séré, vétérinaire et ancien ministre des Ressources animales, ils sont nombreux, a-t-il dit, ceux qui sollicitent constamment ses services.
Ancien élève en comptabilité du Lycée technique Amilcar Cabral (LTAC), ce trentenaire se sent dans le domaine de l’élevage comme un poisson dans l’eau. Selon ses dires, il paye de ses propres poches des voyages pour se rendre dans des fermes où il veut acquérir de nouvelles connaissances et partager son expérience avec d’autres acteurs de l’élevage. Le virus de l’élevage a piqué Vincent Zabré depuis sa tendre enfance. Son père était chauffeur à la direction de l’élevage de Dédougou et à force d’accompagner les techniciens d’élevage dans leurs déplacements sur le terrain, il avait fini par savoir administrer des soins aux animaux. C’est ainsi que ses voisins, pour soigner leurs animaux, avaient recours à lui. Parallèlement à cette incursion dans l’univers des animaux, Vincent est brillant en classe. Son Baccalauréat série G2 en poche, il s’est inscrit à l’Unité de formation et de recherche/ Sciences économique et gestion (UFR/SEG) de l’université de Ouagadougou. La santé chancelante de son père à la retraite ayant une santé chancelante et les finances faisant défaut dans la famille, il décide de se jeter, corps et âme, dans l’élevage. «Un domaine dans lequel j’ai des dons naturels», note-t-il.
«C’est grâce au commerce des animaux que j’ai pu acheter ma parcelle, me construire une habitation et subvenir à mes différentes dépenses», mentionne-t-il fièrement. Aujourd’hui, en plus de l’élevage des pigeons, des autruches, des zébus Azawak qu’il fait dans sa ferme, il commercialise des chiots de luxe, d’un âge compris entre 2 mois et demi et trois mois. Grâce au concours de l’association «Life dog» basée à Lomé, il importe des chiots de race au Burkina. Il les fait venir sur commande de Lomé, la capitale togolaise. Pour se procurer chien berger allemand chez Vincent Zabré, il faut débourser 350 000 francs CFA. «C’est le plus cher, rassurez-vous», dit-il. Le gros de sa clientèle, se trouve au sein de l’élite burkinabè. Il a des clients expatriés, «mais ils ne sont pas les plus nombreux».
Les espèces pékinois, bouledogue, boxer, pitbull, n’ont plus de secret pour Vincent Zabré. Pour lui, les animaux sont des compagnons fidèles. Il suffit de leur inspirer confiance. «Même avec un lion, je suis sûr que je serai à l’aise», clame-t-il. Si Vincent tire son épingle du jeu avec le commerce de ses animaux, il s’investit aussi dans le social. Ses voisins viennent s’approvisionner en lait chez lui et il vend ses pigeons aux enfants, à des prix modiques.