Depuis plusieurs années déjà , elle fait le bonheur de l’écurie de Boubakar Diallo, «Les films du dromadaire». Sa plastique et son jeu d’acteur ont fini par conquérir le public. Jeanne d’Arc Yaméogo a fait du cinéma, son cheval de bataille. Et cela lui réussit plutôt bien…
 Si l’épopée de la pucelle d’Orléans, la Jeanne d’Arc de France, n’a duré que deux ans pour lui valoir une gloire éternelle, Jeanne d’Arc Yaméogo du Burkina ne veut pas danser plus vite que la musique. Montée sur les planches dès ses premières années à l’école primaire de Norghin A, dans le quartier Dapoya de Ouagadougou, elle figure régulièrement aujourd’hui sur les plus grandes affiches du pays. Elle a fait du cinéma, son principal cheval de bataille. Et espère galoper aussi loin et aussi longtemps que Marie-Augustine Yaméogo, sa vénérable maman, qui a nourri sa passion pour le 7e-Art.
En effet, c’est en accompagnant sa mère sur les plateaux de tournage, qu’elle a fini par prendre goût au cinéma, et à vouloir devenir comédienne. Au cours primaire, la petite Jeanne d’Arc s’est fait remarquer par sa ferveur pour les récitals de chant et la récitation de poèmes. Ce qui lui valut de participer, en 1987, à un camp vacances culturel à Moscou, pour représenter son école. Mais c’est surtout au sein de la troupe «Le Bourgeon du Burkina» que la future «tête d’affiche» a développé ses talents. Aussi, lorsque sa génitrice a senti qu’elle était mûre pour prendre sa place sur un plateau de cinéma, elle n’a pas hésité à la pousser à faire son premier casting. C’était pour le film, «Le secret», de Raymond Tiendré, réalisé en 1997.
Depuis lors, Jeanne d’Arc n’est plus redescendue de son cheval. En 1998, c’est Saint-Pierre Yaméogo qui l’embarque dans «Silmandé». L’année d’après, elle tape dans l’œil de Idrissa Ouédraogo, qui l’enrôle pour son film «Le guerrier». Deux ans plus tard, elle devient l’une des coqueluches du petit écran, grâce à la série télévisée «Mounia et Rama» de Apolline Traoré. Depuis 2004, Jeanne d’Arc Yaméogo a déposé ses valises dans l’écurie des Films du Dromadaire, où elle est pratiquement sur chacune des affiches de neuf longs métrages de Boubakar Diallo.  Coquette et déterminée, arborant des tenues qui mettent en valeur sa forme généreuse et séduisante, tous les rôles semblent lui aller comme un gant.
En dehors du 7e-Art, elle s’est essayée au commerce de prêt-à -porter pour bébé, puis à la restauration. Mais, par manque de temps pour suivre ses affaires, elle a dû abandonner ces activités pour se vouer totalement au cinéma, en devenant maquilleuse de plateau. A la faveur du tournage de «Cœur de lion», le dernier long métrage des Films du Dromadaire, Jeanne d’Arc a ajouté une nouvelle corde à son arc, en faisant un atterrissage réussi dans le rôle de régisseur.
Mais elle ne garde pas moins la tête solidement sur les épaules, tout en rêvant d’aller monnayer ses talents au-delà des frontières du Burkina. Elle espère aussi mettre fin à son célibat, très bientôt, «s’il plaît à Dieu»!
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© Fasozine N°18, Novembre-Décembre 2008
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