Allo Dakar? Ici Paris! La France, par la voix d’Alain Juppé, son ministres des Affaires étrangères, veut un renouvellement de générations à la tête de l'Etat sénégalais, à la faveur de la prochaine présidentielle. Devant les députés français, le patron de la diplomatie française a regretté que certaines sensibilités ne soient pas représentées au scrutin prévu le 26 de ce mois.
«Nous avons même souhaité que le passage de générations soit organisé. Je préfère vous dire que le message a été entendu à Dakar […] et enfin nous avons, bien sûr, appelé à la retenue et à l'absence de toute violence». Des propos qui courroucent et étonnent à Dakar. Le ministre des affaires étrangères sénégalais, Madické Niang, affirme n'avoir reçu "aucune notification des positions prises par certains pays amis" par la voie diplomatique normale mais "seulement dans la presse". Et de mettre les points sur les "I" : le Sénégal, selon lui n'a "de leçon de démocratie à recevoir de personne" et n'accepterait "pas de diktat" de l'étranger, après des déclarations de responsables américains et français déconseillant la candidature du président Wade.
Ces échanges à fleurets mouchetés se déroulent sur fond de violences au Sénégal. Un étudiant a été mortellement blessé à Dakar, le mardi 31 janvier 2012, alors que la police dispersait la foule rassemblée par le Mouvement du 23 juin (M23) qui se dresse contre la candidature d’Abdoulaye Wade. Des milliers de personnes avaient répondu présentes à ce rendez-vous sur l’esplanade de la Place de l’Obélisque.
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