20juin2013

André Mba Obame, «président légitime» du Gabon

Combien de présidents y a-t-il au Gabon? Question qui garde tout son intérêt face à la pluie de contestations de la désignation par les urnes de Ali Bongo Ondimba, qui succède à son père. Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 30 août dernier au Gabon, André Mba Obame ne veut pas lâcher prise. Celui qui se considère comme le président légitime du Gabon revendique toujours la victoire et compte déposer un recours avant le samedi prochain pour invalider l’élection d’Ali Bongo Ondimba.

André Mba Obame, est arrivé en deuxième position avec 25,88% des suffrages, derrière Ali Bongo, 41,73% selon les résultats officiels. C’est le verdict officiel des urnes de l’élection présidentielle du 30 août 2009. Mais, l’ex-ministre gabonais  persiste et signe qu’il est le président légitime du Gabon. Et il y croit dur comme fer. «Clairement, j'ai gagné l'élection. La Cénap (commission électorale) n'a pas fait son travail jusqu'au bout, qu'elle le termine», a-t-il affirmé avec assurance à l’Afp. C’est dans cette logique dans laquelle il se conforte, que Pierre Mba Obame entend déposer un recours d’ici le samedi 19 septembre prochain, dans le but d’obtenir une invalidation de l’élection d’Ali Bongo. «Je serai président de la République. Je ne peux pas dire dans combien de temps mais tant que je ne trahis pas l'immense confiance du peuple gabonais, l'issue est inéluctable», dit-il. Pour lui, de nombreuses fraudes ont entaché le scrutin, ce qui a donné l’avantage à Ali Bongo. André Mba Obame estime que les violences à Port Gentil, la deuxième ville du Gabon, ont fait beaucoup plus de victimes que le gouvernement ne le laisse voir. Pour lui, les autorités n’ont de comptes à rendre à personne et «on interroge, on torture, on peut même tuer à huis clos. Personne n’a le droit à une explication». C’est ce qui l’a d’ailleurs amené à se réfugier dans un «lieu sûr», tout comme l’autre opposant, Pierre Mamboundou. André Mba Obame ne veut surtout pas entendre parler d’une quelconque négociation avec le président officiellement élu, Ali Bongo. «Les petits arrangements sous la table, les petites propositions à la sauvette, ça ne m'intéresse pas » a-t-il laissé entendre.

Mais l’ex-ministre de l’intérieur est-il sincère dans ces propos quand on sait qu’il y a encore quelques mois, il était très ami avec Ali Bongo? Le scénario est classique en Afrique: on proteste, on revendique, et quelques temps après l’orage passe. Et ceux qui s’étaient illustrés comme des opposants farouches se retrouvent à la même table que les tenants du pouvoir pour négocier, afin de former un gouvernement pompeusement qualifié d’union nationale. Ils font fi de leurs engagements antérieurs et vont à contre courant des objectifs qu’ils poursuivaient avec «leur» peuple.

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