21mai2013

L’Amérique victime de sa tolérance de l’anti-islamisme

En frappant les Etats-Unis d’Amérique à travers l’assassinat cruel de son ambassadeur en Libye, Christopher Stevens, ainsi que trois de ses collaborateurs, les fous de Benghazi voulaient, sans doute, se venger de ce qu’ils semblent considérer comme la trop grande tolérance de Washington vis-à-vis de l’anti-islamisme. Mais ce crime horrible n’honore guère ce Dieu musulman au nom duquel on fait couler aussi vulgairement du sang. Le fanatisme aveugle qui pousse aussi facilement ces gens au mépris de l’autre est simplement intolérable.

On comprend l’émoi provoqué par la sortie de «L’innocence des musulmans», ce film qui a remis du feu à la poudrière qu’est devenue la cohabitation entre le monde occidental et le monde musulman. En déclarant, quelques jours plus tôt, au journal le Wall Street, que «l’islam est un cancer», Sam Bacile, l’auteur du film, a pris le risque irresponsable de provoquer le courroux des musulmans du monde entier. Ses propos sont du reste condamnables par tous les adeptes de la liberté religieuse. Et même de la liberté tout court. Mais son irresponsabilité ne serait justifier le crime tragique de Benghazi.

Cette tragédie, qui intervient 11 ans après l’attentat du 11 septembre, est la preuve que les causes de ce drame sont intactes. Il suffit d’une étincelle pour embraser ce monde où, malheureusement, la violence s’est imposée comme le langage le plus usité au détriment du dialogue et simplement du bon sens. Lorsque l’Amérique paie le prix de sa «tolérance anti-islamique» jusque sur les terres convalescentes de Benghazi, il y a de quoi s’inquiéter pour les jours à venir.

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