Crise malienne: à qui profite le dialogue de sourds?
- Post 8 juillet 2012
Pendant que les Maliens attendent désespérément la résolution de leur crise, le dialogue de sourds se poursuit entre les organisations africaines et les autorités maliennes. Visiblement, les deux parties ne s’entendent pas sur la médication à appliquer pour sortir le Mali du bourbier, et pour cause.
En fin de semaine dernière, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’est réunie à Ouagadougou pour exiger la formation d’un «gouvernement d’union nationale d’ici fin juillet». En adjoignant à cette exigence une menace de «sanctions» contre les autorités maliennes, l’organisation sous-régionale montre son ras-le-bol face à ce qu’elle considère comme la passivité de ces dernières. Mais rien ne prouve qu’elle soit entendue.
Car les organisations favorables aux putschistes qui ont renversé le régime du président Amadou Toumani Touré le 22 mars dernier, ont tenu des manifestations à Bamako pour signifier à la Cedeao que «Le Mali est un pays souverain». Une mise en garde qui prouve qu’on n’est pas sorti de l’auberge. Les absences du président Dioncounda Traoré et de son Premier ministre Cheikh Modibo Diarra à la réunion de Ouagadougou, achève de convaincre de ce dialogue de sourds qui s’est désormais installé entre les institutions internationales (et africaines) et maliennes. A qui profite l’enlisement de la crise malienne?
Tout le monde se hâte lentement. Et pendant ce temps, les islamistes imposent la charia au Nord-Mali et se permettent toutes sortes d’exactions et de crimes contre l’humanité. Et si cette situation dure aussi longtemps sans susciter une véritable réaction énergique de la communauté internationale, c’est sans doute parce que cela profite à une grande puissance qui, dans l'ombre, tire les ficelles de ce jeu malsain et manipule les acteurs à sa guise. Seules les populations maliennes, qu'elles soient du nord ou du sud, en trinquent. En tout cas, on n’est pas loin de le penser.
