Crise malienne: de quoi va accoucher le sommet de Ouaga?
- Post 5 juillet 2012
Initialement prévu pour se tenir en présence du président de transition malien, le sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se tiendra finalement sans ce dernier. Il devrait quitter la France - où il était allé se soigner après son agression - pour se rendre dans la capitale burkinabè. Aux dernières nouvelles, Dioncounda Traoré a décidé de ne plus faire le déplacement de la capitale des «Hommes intègres».
Selon des sources proches de lui, il préfèrerait rentrer directement à Bamako plutôt que de se rendre à un sommet à l'extérieur, même si celui-ci est consacré au Mali. En clair, le président Traoré ne fait de son déplacement à Ouagadougou une priorité.
Mais au-delà de ce quiproquo qui risque de peser négativement sur le sommet de Ouagadougou, ce sont aussi les relations entre Bamako et Ouagadougou qui peuvent également prendre un coup. En effet, depuis longtemps d’aucuns trouvaient le chef de l’Etat burkinabè, facilitateur de la Cédéao, trop proche des sécessionnistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). Maintenant qu'il sera question de discuter de la formation d'un «gouvernement d'union nationale» sans le président malien, les mauvaises langues ne manqueront pas d’y voir un mauvais présage. En tout cas, tout cela sent le roussi et Blaise Compaoré doit désormais tout faire pour rassurer Bamako de sa neutralité dans la facilitation de la crise malienne. Et surtout remettre le président de transition du Mali dans un jeu qui ne peut légitimement se jouer sans lui, ou du moins sans sa bénédiction.
