24mai2013

Gouvernance au Burkina: la citoyenneté a-t-elle foutu le camp?

C’est le cas de le dire, l’autorité de l’Etat est mise à rude épreuve au «pays des Hommes intègres». Depuis que les militaires ont ouvert la boîte de pandore en 2011, les autorités gouvernementales et décentralisées semble éprouver des difficultés à imposer l’ordre et la discipline au niveau de certains de leurs administrés.

Pour un «oui» ou pour un «non», des groupes spontanés de manifestants se forment, incendient, cassent tout sur leur passage… Le Rubicon a été franchi tout dernièrement dans la capitale de la région du Nord où un groupe de badauds est allé ouvrir les portes de la prison civile afin de libérer un homme incarcéré pour «injure à un magistrat».

Cette affaire défraie toujours la chronique parce que si le quidam a été finalement réincarcéré et jugé, l’autorité de l’Etat n’a pas moins été touchée en plein cœur. Cette incapacité à faire plier les citoyens devant les lois de la République n’honore pas l’Etat et ne rassure pas les citoyens qui craignent une rupture du contrat social. En effet, si certains peuvent se permettre de remettre en cause les lois qui sont le fondement du vivre-ensemble, alors que la force publique se trouve impuissante face eux, ne court-on pas le risque de saper le bien-fondé des institutions?
La question est brûlante. Le gouvernement n’ose pas encore vraiment l’affronter. Du moins pas ouvertement. Pendant ce temps, les scandales «anticivisme» se multiplient et on ne sait jusqu’où tout cela va mener le navire Burkina.

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