
La dissolution, par le Conseil des ministres du 25 janvier 2012, du conseil municipal de la ville de Pouytenga constitue sans aucun doute, un autre faux pas du processus de décentralisation en cours au Pays des Hommes intègres.
La mal gouvernance qui règne au sein de nombre de collectivités locales est devenue un véritable casse-tête pour le gouvernement qui n’a eu d’autre choix que de dissoudre des conseils municipaux, de suspendre et de révoquer des maires. Rien qu’au cours de ces cinq dernières années, ce sont plusieurs mairies qui ont connu de graves problèmes de gestion qui tournent généralement autour du sempiternel problème du lotissement. Le dernier cas en date est certainement celui de la mairie de Koudougou, où après trois mois de suspension, l’édile, croyant la tempête passée a cru bon de reprendre son fauteuil. Il s’est même permis de prononcer un discours dit de «fin de purgatoire» devant le Premier ministre, à l’occasion du lancement des travaux de construction d’une route qui part de sa commune. L’imposture paraissait trop grosse. Et quelques jours après cette apparition publique, Seydou Zagré a écopé d’une révocation, en bonne et due forme.
Mais au-delà de ce micmac difficile à comprendre, c’est le processus de décentralisation du pouvoir qui est révèle des balbutiements. Pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets aux prochaines élections locales, il faut revoir le mode de désignation des maires. Cela, surtout au sein du parti au pouvoir et de la majorité présidentielle d’où est issue la grande majorité de ceux qui ont été révoqués. Car, même s’il est vrai que «le poisson pourrit par la tête», l’exemple de la bonne gouvernance doit aussi venir d’en bas. Autrement, c’est la démocratie qui en pâtit à la base.
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