
Alors que le Nigéria n’a pas encore fini de pleurer les victimes de la sadique secte Boko Haram, voici que la grève contre la hausse des prix des hydrocarbures a fait au moins six morts et des dizaines de blessés lundi dernier. Un paradoxe dans ce pays où des millions de litres de pétrole provoquent des marrées noires alors que les populations n’ont même pas quelques litrons pour circuler en toute liberté. Normal qu’une flambée des prix suscitent des remous. Mais de là à faire des morts inutiles, il y a peut-être un pas de trop que franchit le pays le plus peuplé d’Afrique.
A l’allure où il s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’incertitude, on se demande s’il ne faut pas exorciser le Nigéria de ses démons avant qu’il ne soit trop tard. Car il suffit d’une petite goutte pour faire déborder soit le vase de la cohabitation pacifique entre les communautés religieuses ou encore celui de la paix sociale. Pris entre l’enclume des problèmes ethniques et religieux et le marteau de la malgouvernance économique, le pouvoir du président Goodluck Jonathan semble dépassé par les événements.
Du moins, après quelques années de règne, ses capacités à juguler les problèmes de ce vaste territoire se réduisent comme peau de chagrin. L’expérience de fédéralisme à la nigériane a montré ses limites. Il faut peut-être passer à autre chose pour permettre au pays de sortir du cercle vicieux de ces morts inutiles qui choquent la conscience humaine. Et jettent la communauté internationale dans l’embarras. Une chose est certaine, l’élection à la présidence du Nigeria de l’homme au chapeau noir semble ne pas plaire à bien des politiciens et autres leaders qui sont décidés à rendre le pays ingouvernable. «Nous sommes prêts à la guerre», a du reste scandé un manifestant sur une chaîne de télévision internationale.
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