
En obtenant 114 des 120 sièges du Parlement gabonais, Ali Bongo tient désormais la majorité écrasante qui devrait lui permettre de gouverner tranquillement le Gabon. En effet, les élections législatives du 17 décembre 2011 ont livré leur verdict officiel ce jeudi et c’est le Parti démocratique gabonais (PDG) héritage de Bongo-père qui rafle pratiquement toute la mise. Un résultat prévisible et acquis d’avance puisque l’opposition avait boycotté le scrutin.
Le parti présidentiel a donc vaincu sans péril. C’est justement là où le bât blesse pour une démocratie gabonaise qui a du mal à rompre avec un long passé de «dictature éclairée» que le père a fini par léguer à son fils. Cependant, et comme cela se voit dans beaucoup de pays qui se trouvent dans la même situation, ce n’est pas avec une majorité aussi dévorante qu’on peut arriver à donner un véritable dynamisme à la démocratie dont rêvent les Gabonais. Il s’agit même d’un recul de représentativité par rapport à la précédente législature dans laquelle l’opposition pouvait se targuer d’une vingtaine de sièges au Parlement. Ce n’est certainement pas avec une assemblée unicolore que Bongo-fils peut prétendre faire mieux que son défunt père.
Mais à sa décharge, il faut déplorer la politique du boycott et de la chaise vide qu’affectionnent trop facilement l’opposition africaine en général et celle gabonaise en particulier. Car ces opposants jusqu’au-boutistes sont tout aussi responsables de la stagnation politique que ces partis au pouvoir qui font tout pour le rester. Dans ces conditions il est toujours difficile d’engager de vraies réformes politiques en vue de faire évoluer véritablement la société. C’est vraiment dommage pour l’Afrique.
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