
Pour sa première visite sur le continent africain, la directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI) a choisi le Niger. L’un des pays les plus pauvres du monde qui vient pourtant d’opérer son entrée dans le cercle restreint des producteurs de pétrole depuis novembre dernier. Une aubaine et une belle opportunité pour briser les chaînes de la pauvreté dans lesquelles ses populations sont piégées.
Mais dans cette Afrique où les ressources naturelles profitent rarement aux populations, Christine Lagarde était bien inspirée de prodiguer de sages conseils au président nigérien Mahamadou Issoufou. Dans le rapport qu’elle a publié au début de cette semaine, son institution demandait notamment au gouvernement nigérien d’utiliser prudemment les nouvelles ressources qu’il va tirer du pétrole. Une manière diplomatique pour Mme Lagarde et ses collaborateurs de mettre les nouvelles autorités nigériennes en garde contre la gabegie et la mal gouvernance qui ont toujours caractérisé les revenus tirés des ressources naturelles en Afrique.
La sonnette d’alarme du FMI est d’autant plus actuel et nécessaire qu’environ 16 millions de Nigériens ploient sous le poids de la crise alimentaire qui sévit dans toute la région soudano-sahélienne. Avec les nouveaux revenus du pétrole qui viennent s’ajouter à ceux de l’uranium dont le Niger est l’un des premiers producteurs au monde, il lui serait incongru de continuer à tendre la sébile. Quand le pétrole coule à flot et que l’uranium fait grimper la croissance économique, la pauvreté et la famine devraient définitivement cesser d’être une fatalité dans ce pays. En cela Christine Large a parfaitement raison de monter la garde contre la gabegie, afin que le pétrole nigérien ne devienne l’or du diable.
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