
Contre et vents et menaces d’insurrection de son rival, Joseph Kabila s’est fait introniser ce mardi 20 décembre à la Cité de l’Union africaine-pied de nez à l’Union en Afrique?-, soit le lendemain de la confirmation de sa victoire par la Cour suprême. Il ne voulait certainement pas perdre le temps, de peur de voir les partisans d’Etienne Tshisekedi le devancer dans cette lutte à mort pour la légitimation à la tête de l’Etat congolais. Triste spectacle que celui qu’offrent ces deux leaders politiques aux yeux du monde.
En effet, si Kabila qui détient la commande de la force publique et de l’administration, et dont l’élection demeure critiquée par la plupart des observateurs étrangers et donc impartiaux, peut se targuer d’avoir la légalité, force est de constater que son investiture s’est faite dans un climat de grande pression et sous haute surveillance militaire. Ironie du sort, toutes les personnalités étrangères invitées à cette cérémonie ont brillé par leur absence. Sauf bien sûr le président zimbabwéen Robert Mugabé qui s’est retrouvé finalement tout seul à applaudir à l’intronisation.
Même si personne n’ose encore parler de désaveu, l’absence remarquée des représentants des pays tels que la Belgique, pays colonisateur en son temps et la France, en plus des présidents voisins tels que Denis Sassou Nguesso du Congo, Éduardo Dos Santos de l’Angola, Yoweri Museweni de l’Ouganda et Jakaya Kikwete de Tanzanie, sont le signe que personne n’ose s’afficher avec un président mal élu.
On retient son souffle en attendant de voir jusqu’où ira Etienne Tshisekedi dans son obstination à se faire calife à la place du calife. Il importe cependant que chaque partie puisse mettre de l'eau dans son vin afin qu'un modus vivendi soit trouvé pour le bonheur de populations congolaises qui ne savent toujours pas de quoi demain sera fait. Nombre d'entre elles ont déjà franchi le fleuve pour la capitale du Congo voisin. Et celles qui n'ont pas pu parti? Leur sort se trouve entre les mains de politiciens assoiffés de pouvoir et qui ne veulent rien lâcher du tout. Au lieu de recommencer à faire la guerre et finir à la table des négociations, pourquoi ne pas plutôt, pour une fois dans l'histoire de la RDC, commencer par discute? En attendant, les chiens de ses partisans aboient, mais la caravane de Kabila est passée. Malgré les récriminations des Etats unis et celles plus timides de la France!
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