Vue du Burkina Faso, la condamnation à «deux ans de prison avec sursis» de l’ancien président français, Jacques Chirac, par le tribunal de Nanterre apparaît comme un verdict symboliquement d’actualité. Et pour cause! L’aboutissement de ce jugement intervient au moment où le débat fait rage sur l’opportunité du transfert de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Aussi, pour ceux qui pensaient qu’il était inconcevable d’inculper, de juger et de condamner un chef d’Etat, la preuve est désormais donnée par la France.
Certes, les chefs d’accusation ne sont pas les mêmes. Les circonstances non plus. Si Chirac a été déclaré coupable de «détournement de fonds publics» et d’abus de confiance», Gbagbo devra répondre de lourdes charges de «crimes de guerre… ». Par ailleurs, le jugement de l’ancien président français s’est fait de bout en bout devant des juridictions françaises et sur le sol français. Alors que son homologue ivoirien connaît «l’humiliation» d’un transfert aux allures de «déportation».
Mais au-delà de la comparaison, force est de relever que dans un cas comme dans l’autre, on retient une et une seule leçon. Le président ne doit pas être au-delà des lois de son pays ou de la communauté internationale. Et cette leçon est d’autant plus fondamentale qu’elle ne semblait pas être assez partagée sous les tropiques. C’est donc bien que l’exemple, aussi symbolique soit-il, nous vienne de la France, ancienne puissance colonisatrice.
| Commentaires |
|


