Jusqu’où iront les quelque 80 militaires que la France a envoyés ce dimanche 19 septembre à Niamey, à la suite de l’enlèvement de cinq de ses ressortissants (et deux de leurs collèges togolais et malgache)? Le moins que l’on puisse dire dans cette offensive que l’Elysée semble avoir engagée contre l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) -présumée auteure du kidnapping des employés d’Areva-est qu’elle intervient un peu comme le médecin après la mort.
La question qui taraude tous les esprits est de savoir pourquoi le gouvernement français n’avait pas pris des mesures préventives plus conséquentes, après l’ignoble assassinat par les terroristes de Aqmi, de l’humanitaire Michel Germaneau. Visiblement, Paris n’a pas pris toute la portée de l’avertissement de la sulfureuse Aqmi qui, elle, avait prévenu la France d’exécuter ses menaces de représailles.
Maintenant que le mal est fait et que de nouveaux otages français ont été pris dans l’enclave très poreuse d’Areva à Arlit au Nord du Niger, la France est plutôt mal barrée. Il est bien incongru de vouloir jouer aux guérilleros dans les sables mouvants du Sahel, alors qu’on aurait pu prévenir tout ça. Il faut absolument éviter de nouvelles pertes en vies humaines, surtout du côté des populations civiles qui ne sont pas moins exposées aux balles perdues des militaires et des terroristes.
Face à la menace absolument préoccupante d’Aqmi dans le Sahel africain, il faut sortir du cercle vicieux de la vengeance pour trouver des solutions durables qui sécurisent aussi bien les populations de cette région que les Occidentaux qui viennent y vivre ou y travailler. Autrement, quand la France joue au médecin après la mort, elle ne fait qu’aggraver le mal au lieu de s’y attaquer à la racine.
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