Ainsi donc le temps des complots de putsch n’est pas encore révolu au pays de Paul Biya! En rendant publics, mercredi 1er septembre, les décrets de nomination de nouveaux cadres aux postes de chef de la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN) et de patron de la Direction générale de la recherche extérieure qui fait office de services de renseignements, le président camerounais a relancé le débat sur les rumeurs qui avaient cours sur une tentative de coup d’Etat qui avait inondé les colonnes des tabloïdes. Le changement surprise intervenu à la tête de ces deux institutions-clés de la sécurité achève de convaincre que Biya a fait le ménage.
Alors question: quelle mouche a bien pu piquer Emmanuel Edou, chef de la police, et Bienvenu Obelabout, patron des renseignements, à vouloir faire un bébé dans le dos de Paul Biya, alors qu’il était allé à Paris pour les festivités du 14 juillet dernier? Mystère et boule de gomme. Aucun commentaire officiel n’ayant accompagné les décrets de nomination des nouveaux responsables, chacun y va plutôt de ses supputations en supposant probablement qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Paul Biya, aujourd’hui âgé de 77 ans, ne serait plus aussi sûr de son pouvoir qu’il exerce sans partage depuis 1982? Quand on sait que le parlement camerounais lui a ouvert le boulevard du règne ad vitam aeternam en 2008, et qu’il peut donc briguer un autre mandat en 2011, on peut se demander s’il n’a pas semé lui-même les graines de putsch dans son propre entourage. En tout cas, le diable est dans la maison. Et c’est le moins que l’on puisse dire.