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Le Général-ambassadeur de France à Ouaga fait jaser Abidjan

C'est désormais le temps du dégel entre Laurent Gbagbo et la France. Si Gbagbo n'a pas encore dit son dernier mot, Sarkozy n'a pas encore, non plus, donné le signal fort qu'on attend à Abidjan et pour cause. La récente nomination du général Emmanuel Beth -premier commandant de la Licorne, la force française d'interposition de 2002 à 2003- comme ambassadeur de France au Burkina est perçue en Côte d'Ivoire comme un pied de nez à Gbagbo. Faut-il aller jusqu'à croire que la mission assignée au diplomate aux épaulettes dorées serait d'influencer la situation politico-militaire de la Côte d'Ivoire à partir de Ouagadougou? Une chose est certaine, une sorte de peur, mêlée à une frilosité qui ne dit pas son nom, s'est emparée d'Abidjan qui n'a pas manqué d'exprimer son courroux, par la voix de «Notre Voie», le quotidien proche du pouvoir.

A Abidjan, le Général Beth est voué aux gémonies, accusé, entre autres, de la partition de la Côte d'Ivoire, du bombardement de la flotte de l'armée de Gbagbo et d'avoir favorisé l'armement des rebelles. Du Burkina voisin, sera-t-il tout autant dangereux pour les intérêts de Gbagbo et ses partisans? De là semblent naître les craintes d'Abidjan qui sait bien cacher son jeu.
Parallèlement, très attaché qu'il est aux symboles, c'est à l'école française, que son gouvernement vient de faire renaître  des cendres de novembre 2004, que le président ivoirien est allé renouveler son attachement à la France et aux Français de Côte d'Ivoire. Comme on doit s'y attendre, le geste a été salué et applaudi à Paris. Jean-Marc Simon, l'ambassadeur de France à Abidjan était aux anges. Et il a raison. La coopération franco-ivoirienne revient de loin.
Du reste, il semble que la plupart des Français qui avaient subi la furia des «patriotes» du général de la rue, Charles Blé Goudé, sont tous, ou presque tous, de retour sur les bords de la lagune Ebrié. Eux ne font pas de l'organisation des élections -plusieurs fois reléguées aux calendes ivoiriennes-, une condition essentielle pour regagner leur «seconde patrie». C'est aussi la preuve qu'il y a une différence entre la Côte d'Ivoire des affaires et la Côte d'Ivoire de la politique et de la diplomatie. Mais si la première ne pose plus de problème à la France et aux Français, il faut encore attendre de voir jusqu'où ira la décrispation annoncée.
 

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