La grève des fonctionnaires sud-africains a soumis le gouvernement de Jacob Zuma à une véritable épreuve. Ces derniers exigent une augmentation de salaire de l’ordre de 8,6% alors que le pays subit durement une inflation estimée à plus de 4%. Face à une exigence qui se durcit de plus en plus, le président est bien embarrassé. Car derrière l’arbre des revendications salariales, se cache une forêt de frustrations d’une population qui attend de goûter aux fruits de la croissance économique de la Nation Arc-en-ciel. Mais la longue attente s’est visiblement transformée en impatience.
La débauche de moyens engagée par l’administration Zuma pour réussir la dernière Coupe du monde de football semble produire à présent un effet boomerang. Les fonctionnaires veulent à présent profiter du progrès dont l’Afrique du sud est créditée. Malheureusement, le moment ne paraît pas propice. Après 16 années d’un pouvoir géré jusque-là par le Congrès national africain (ANC), la situation économique de la majorité noire n’a pas encore connu l’amélioration qu’on lui a fait miroiter depuis la fin de l’apartheid. Le chômage et la pauvreté endémique sont toujours le lot des jeunes noirs.
Ceux qui avaient réussi à se frayer un chemin dans l’administration publique sont aujourd’hui au bord du désenchantement. D’où la rude grève qui est enclenchée pour pousser le gouvernement à bout. Jusqu’où va résister l’alliance qui a porté Jacob Zuma au pouvoir en mai 2009? La politique économique de l’équipe dirigeante est dans un virage dangereux dont les effets collatéraux ne manqueront pas de se faire sentir dans les prochaines semaines. En tout cas, le chef Zulu président n’a pas d’autre choix que de prendre le taureau par les cornes.
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