Il se passe bien de choses peu catholiques derrière le voile qui couvre les prises d’otages et leur libération dans le Sahel. Comme on devrait s’y attendre, la libération, ce lundi 23 août des deux humanitaires espagnols détenus depuis novembre, ravive la polémique sur le versement d’une rançon à l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Alors que certains journaux espagnols révèlent le paiement de 8 million d’euros en contrepartie de la libération des otages, la presse malienne penche pour une valeur de 7 million. Info ou intox?
Ce qui est au moins sûr, c’est que les ravisseurs n’ont visiblement pas lâché leur proie sans la moindre compensation. Que ce soit en nature ou en espèces, l’omniprésence du «dédommagement» sous une forme ou une autre traduit bien le marchandage qui règne autour de cette affaire de prise d’otages. A qui profite-t-elle vraiment? Telle est la vraie question.
Car, s’il est vrai que le terrorisme pose un problème de sécurité et d’intolérance, il n’en demeure pas moins que certains en profitent aussi pour leur propre compte. Et dans le vilain jeu de troc qui se mène, le malheur des uns fait le bonheur des autres.
Pendant ce temps, ce sont les populations des zones où opèrent la nébuleuse Aqmi qui paient le plus lourd tribut des embargos et autres effets collatéraux. C’est vraiment dommage!