L’élection présidentielle se tiendra bel et bien le 21 novembre 2010 au Burkina Faso. Les nuages d’incertitude qui pesaient sur le processus d’élaboration du fichier électoral se sont dissipés. A l’issue de la rencontre d’échanges et de concertation qu’il a eue avec la classe politique, le 9 août dernier, le Premier ministre a pris l’engagement de respecter non seulement la date du scrutin, mais de lui assurer toutes les conditions de transparence possibles.
Exit désormais l’idée rétrograde de recourir au «bulletin de naissance» comme document de vote. Les responsables de l’Office national d’identification (ONI) et de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sont aussi avertis. Ils doivent mettre les bouchées doubles pour que les électeurs potentiels entrent en possession des documents nécessaires pour les opérations électorales.
Du côté des candidats, la machine des investitures va bientôt se mettre en marche. Le super favori, Blaise Compaoré, n’a pas de souci à se faire. Après avoir été reconfirmé en fin de semaine dernière comme «le candidat naturel» par le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir, il a également reçu le soutien de 34 autres partis regroupés au sein de la mouvance présidentielle. Ce week-end, c’est l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) qui vient de faire sa démonstration de force en faveur du candidat-président.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne sont pas des soutiens qui manquent à Blaise Compaoré. Il en a même trop. Comme en 2005, les quelques opposants qui auront le courage d’être dans la course ne feront pas le poids devant le rouleau compresseur du mastodonte présidentiel. Le rêve de l’alternance ne sera pas pour le lendemain du 21 novembre 2010. Avec la volonté affichée du parti majoritaire de sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel, ce rêve risque de se transformer en cauchemar.
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