C’est une terrible épreuve que traverse, ces jours-ci, le principal parti de l’opposition togolaise, l’Union des forces du changement (UFC). Pour avoir mordu à l’hameçon du pouvoir, son leader, Gilchrist Olympio, doit faire face à une opposition radicale au sein de son état-major. Ironie du sort, c’est son propre dauphin, qui a de surcroît défendu les couleurs du parti à la dernière présidentielle, en mars 2010, qui dirige la fronde contre lui. Ainsi, ce sont désormais deux camps de la même UFC qui s’affrontent. Pire, celles-ci ont décidé de laver leur linge sale sur la place publique, à travers un jeu malsain de congrès parallèles.
Qui aurait cru, il y a seulement quelques années, que Gilchrist Olympio, l’opposant intransigeant, accepterait de sacrifier l’unité de son parti pour quelques strapontins au sein d’un gouvernement du président Faure Gnassingbé, dont il a combattu le père pendant plus de 30 ans? Autres temps, autres mœurs politiques. Soit! Mais force est de reconnaître que la décision «historique» de Gilchrist Olympio de s’allier à un gouvernement du RPT au moment même où une partie de ses militants contestent toujours la réélection de Faure Gnassingbé est assez douloureuse pour plusieurs de ses compagnons de lutte.
Pour Jean-Pierre Fabre, qui ne digère pas cette «trahison», la pilule semble très amère, au point où il a résolu d’exclure son mentor du parti qu’il a fondé. On est tenté de dire que c’est vraiment dommage. Mais ce triste destin n’est-il pas finalement celui de tous ces partis politiques africains dont les «pères fondateurs» sont plus préoccupés par le partage du gâteau que par la défense d’un idéal?
| Commentaires |
|


