
Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir au Burkina s’est résolu à franchir le rubicon du mandat présidentiel sans limite. Réuni en congrès extraordinaire les 6 et 7 août 2010, il a «convenu de la suppression de la limitation des mandats présidentiels pour la révision de l’article 37 de la Constitution». Si cela venait à se réaliser -ce qui est fort probable-, son «candidat naturel», Blaise Compaoré, n’aurait plus besoin de se soucier de quitter le pouvoir en 2015, comme le lui prescrivent, actuellement, l’esprit et la lettre de la Constitution.
Déjà grand favori de la prochaine élection présidentielle prévue pour le 21 novembre 2010, Blaise Compaoré devrait, en principe, achever son bail présidentiel au terme d’un dernier mandat pour lequel il vient justement d’être investi par son parti. Curieusement, le CDP ne veut pas que le capitaine de 59 ans, qui compte déjà 23 ans de règne, cède son fauteuil en 2015. Même si les responsables du parti se défendent de vouloir «un pouvoir à vie pour Blaise Compaoré», il est du reste clair qu’en sautant le verrou de la limitation des mandats présidentiels, ce parti pourrait bien briser un certain consensus national. Maintenant, quelle est la procédure qu’utilisera le CDP pour parvenir à ses fins? Va-t-il proposer un référendum à cet effet ou laissera-t-il le soin au Parlement-où il détient une majorité écrasante- pour modifier la Constitution?
Dans un cas comme dans l’autre, Blaise Compaoré est toujours silencieux sur cette volonté affirmée de son parti politique, de sauter le verrou de la limitation des mandats à la veille de son dernier quinquennat. Que cache ce silence et jusqu’à quand durera-t-il? On se rappelle, en tout cas, que le Président du Faso avait justement révélé avoir dit, au désormais ex-président, Mamadou Tandja, qu’il allait «droit dans le mur» pour avoir tout fait pour obtenir une prolongation de son bail à la tête de l’Etat nigérien.
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