Au fur et à mesure que le Burkina politique se rapproche du 21 novembre 2010, date prévue pour l’élection présidentielle, on se demande si l’on disposera enfin d’une carte d’électeur fiable. Après le coup de froid du faible engouement des populations pour l’inscription sur les listes électorales, la Commission électorales nationale indépendante (Ceni) est confrontée à une nouvelle difficulté: celle du document d’identification des personnes enrôlées. En effet selon les nouvelles dispositions du Code électoral, c’est la carte nationale d’identité burkinabè (Cnib) qui désormais doit servir de pièce unique officielle pour l’établissement de la carte d’électeur.
Or, une dérogation spéciale avait été prise par le gouvernement pour permettre à certains électeurs potentiels de se faire enregistrer avec l’acte de naissance. Sur les trois millions environ de personnes enregistrées, deux tiers le sont avec ce document. Curieusement, l’Office nationale d’identification (Oni) a du mal à satisfaire toutes les demandes de Cnib. Conséquence, une bonne partie d’électeurs potentiels risque de se faire valser du fichier électoral, parce qu’ils ne disposeront pas de leurs cartes d’identité nationale et donc pas de cartes d’électeurs.
C’est pour parer à cette éventualité qui mettra des milliers d’électeurs hors jeu que certaines organisations dont la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (Fedap/BC) plaident déjà pour la «prise en compte de l’extrait de naissance comme document électoral». Dans le camp de l’opposition, on pense que la satisfaction de cette doléance jettera non seulement du discrédit sur la présidentielle du 21 novembre 2010, mais ce sera «un grave recul politique».
Le moins que l’on puisse dire, en attendant les cartes d’électeurs biométriques dont la Ceni prévoit l’arrivée pour le mois d’octobre prochain, force est de constater que malgré la stabilité politique apparente du Burkina, le pays n’est pas encore sorti de l’auberge de certains tâtonnements. Et les prochaines élections ne constitueront pas moins un test pour le système démocratique du pays de Blaise Compaoré.
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