On a cru que la présidentielle du 4 mars 2010 allait permettre au Togo d’exorciser les démons qui divisent les politiques de ce pays. Hélas! Malgré les longues palabres qui ont conduit à l’Accord politique global (APG) de Ouagadougou, et l’armada des observateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union européenne et des forces de sécurité qui ont servi de garde-fous au scrutin, les résultats proclamés dans la nuit du 6 mars n’ont pas réussi à mettre tous les protagonistes d’accord.
Pour avoir été crédité d’un score provisoire de plus de 60%, le camp présidentiel jubile, tandis que c’est l’amertume au niveau des opposants, notamment du parti de Jean-Pierre Fabre, qui est estime que «sa victoire (lui) a été volée». Voilà que les affrontements et autres échauffourées tant conjurés sont de retour. Les bombes lacrymogènes ont repris leur droit, dans le quartier mythique de Bè, où se trouve le siège de l’Union des forces du changement (UFC), principal parti d’opposition. Ce n’est pas seulement Jean-Pierre Fabre et ses partisans qui contestent les résultats du scrutin. Les autres candidats, tels que Yaowi Agboyibor et Messan Agbéyomè Kodjo ont aussi des griefs contre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Les marches de protestations annoncées par l’opposition sont la preuve d’un malaise électoral. Incontestablement, le Togo vient, une fois encore, de rater le virage d’une élection présidentielle apaisée dont les résultats ne souffrent d’aucune controverse. On n’a visiblement pas trouvé le remède au mal dont souffre ce pays depuis le vent de la démocratie des années 1990. Curieusement, il se trouve être le seul où, depuis lors, les consultations électorales sont toujours sujettes à caution. C’est aussi le seul pays de l’Afrique de l’Ouest où le même régime est au pouvoir depuis 1963. Ceci n’expliquerait-il pas cela?
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