Que peut encore la CEDEAO pour le dossier ivoirien? C’est la question qui mérite d’être posée au moment où les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest se retrouvent pour une conférence ordinaire, la 37e du genre, à Abuja, capitale fédérale du Nigeria. Cette rencontre prévoit, entre autres, d’examiner le rapport du Conseil ministériel de médiation et de sécurité. Une tâche d’autant plus brûlante que les derniers développements de l’actualité politique ivoirienne augure d’un lendemain pas-qui-chante.
Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, le président Laurent Koudou Gbagbo vient de renverser son dernier remède, celui du fameux Accord politique de Ouagadougou (APO). Visiblement, Gbagbo et les siens ne sont pas chauds pour les élections. Alors, ils usent de tous les subterfuges pour les reléguer aux calendes grecques. Le hic, c’est qu’ils se permettent tout cela sans que personne n’ose lever le petit doigt. Même pas le Facilitateur, Blaise Compaoré, qui doit être lui aussi excédé par cette danse macabre de «un pas en avant, deux pas en arrière». Va-t-il appeler la CEDEAO à la rescousse?
Rien n’est moins sûr! L’institution sous-régionale brille tellement par son impuissance à imposer ses principes aux Etats membres, qu’il ne faut même pas rêver. Et il est plus que probable qu’à l’issue de ce sommet, la CEDEAO dresse à nouveau un catalogue de résolutions qui ne serviront à rien. Un peu comme au Niger où, à force de tergiverser, l’organisation a fini par se discréditer. Quand on sait que l’équation ivoirienne est encore plus corsée, il ne faut surtout pas demander à la CEDEAO de faire des miracles.
| Commentaires |
|


