Les syndicats ne rateront donc pas l’occasion de botter la Taxe de développement communale (TDC) en touche. Comme le maire de Ouagadougou devait s’y attendre, les centrales syndicales sont montées au créneau et annoncent une grève pour le 24 février 2010. Pour elles, la mise en œuvre de ce nouvel impôt n’est ni plus ni moins qu’une double imposition. Ce d’autant plus que le financement du développement des collectivités locales est déjà compris dans la Taxe sur les produits pétroliers (TPP). Faut-il comprendre que Simon Compaoré a été mal inspiré en exhumant cette taxe qui ressemble bien étrangement à la vignette. Il y a de l’électricité dans l’air!
Les initiateurs de la TDC auront-ils vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué? Ils ont, semble-t-il, cru trop naïvement que la fièvre de la vie chère s’est estompée. Mais la piqûre est bien reçue par les syndicats, qui ont alors décidé de prendre leur responsabilité. Déjà que plusieurs points de leur plate-forme demeurent sans suite, notamment sur la question de la faiblesse du pouvoir d’achat, on imagine bien que la TDC apporte de l’eau au moulin de leurs revendications. Mais une grève suffira-t-elle à faire reculer l’application de cette taxe ou à l’annuler?
Quand on sait que ce sont les salariés qui sont les plus grands contributeurs de cette taxe, on comprend tout l’enjeu de ce bras de fer. Le mois de froid risque d’être chaud. On attend de voir la contre-attaque de l’édile de la capitale des «Hommes intègres».
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