C’est fait, le colonel Mouammar Kadhafi ne prolongera pas son mandat de président de l’Union africaine. Ainsi en a décidé le 14e sommet de l’organisation. On le savait, le Guide de la grande Jamahiriya, «roi des rois traditionnels d’Afrique», avait souhaité s’éterniser sur le trône de l’UA. Du moins, voulait-il tenir le sceptre une année supplémentaire, contrairement aux règles tacites qui privilégient une présidence tournante.
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Mais les chefs d’Etat de l’Afrique australe et de l’Est n’entendaient pas les choses de cette oreille. Pour une fois, ils n’ont pas laissé faire Kadhafi, contraint de céder la présidence au malawite Bingu wa Mutharika, choisi par ses pairs pour prendre le gouvernail de l’Union.
Fini donc le temps où les désirs du «tout-puissant» Kadhafi étaient des ordres. Ses pétro-dinars n’ont pas réussi à tordre le coup à la réglementation de la présidence tournante. La rotation est sauve. Et c’est tant mieux pour cette organisation qui a toujours mal à sa crédibilité. Les interventions intempestives du colonel Kadhafi au nom de l’UA n’étaient pas faites pour arranger les choses. Surtout que le leader libyen voulait se servir de l’organisation pour faire un marketing anachronique et burlesque. Et s’il est légitime de rêver des «Etats-Unis d’Afrique», ou encore d’un «gouvernement panafricain», l’homme fort de Tripoli avait, lui, une manière tellement irréaliste de s’y prendre, qu’on se demandait bien jusqu’où il pouvait aller.
Il faut donc espérer qu’en prenant leur courage à deux mains pour mettre fin à la comédie kadhafienne, les chefs d’Etat membres de l’UA imprimeront un nouveau départ à cette organisation, afin qu’elle soit plus en phase avec les véritables préoccupations africaines.
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